LES ANCIENS SAMEDI…

 

J’aimais…
Chris Nilan, Wayne Gretzky, Sportmag, Bagatelle, Gary Carter, Jacques Doucet, mon frère, ma mère, la LNI, Les Beaux dimanches, les télé-théâtre de Radio-Canada, le Garden de Boston, Bugs Bunny, Rollie Fingers, Rocky, les Expos, le Canadien, Gaétan Hart, Woody Woodpecker, les cheveux de Ron Duguay, la division Adams et Dino Bravo.

Je détestais…
Jay Miller, Dale Hunter, Mike Schmidt et ses Phillies, mon père, Clubber Lang, le casque de Butch Goring, Eddy Creatchman et surtout Rick Middleton.

 
Il fait -30 au soleil, j’ai passé la journée dehors. J’ai joué au hockey bottine en gang ou seul à gagner la coupe Stanley. J’ai construit des bonhommes de neige, j’ai glissé sur les buttes en avant de la maison avec ma « crazy carpet », j’ai tenté de patiner sur la glace, j’ai marché jusqu’au Perrette pour acheter des collants de joueurs de hockey pour mettre dans les livres à collants Panini. J’ai eu le temps de me geler les mains, les pieds et de me dégeler les mains, les pieds avant de rentrer vers 4 h de l’après-midi.
 
À 4 h de l’après-midi, parfois avec un chocolat chaud, mon frère et moi on s’installait devant notre émission de « bonhommes » préférée, c’est-à-dire « BAGATELLE ».
À l’époque, il n’y avait pas de Télétoon, Vrak.tv et Télétoon classique. Nous avions des « bonhommes » seulement la fin de semaine, et Bagatelle avec Yogi l’ours, Grand Galop et les fameux Barbapapa! 
 
Après Bagatelle, j’allais préparer la game de 8 h du soir! Je sortais les cartes des deux équipes qui seraient à La Soirée du Hockey. J’avais déjà, à 5 h, des papillons dans l’estomac, que ce soit en saison régulière ou en séries. J’étalais les cartes sur mon lit bordé d’une magnifique couverture de la NHL. À ce jour, c’est le plus beau cadeau que je n’ai jamais reçu. Une couverture avec tous les logos de la ligue, dont les Rockies du Colorado, les Whalers d’Hartford, les Jets de Winnipeg et les inoubliables Nordiques de Québec!

Je pouvais me rendre malade avant une game au Garden de Boston! J’ai souvenir qu’après une élimination du Canadien contre Boston en plein Garden, j’ai pleuré comme un veau! La première fois que j’ai détesté quelqu’un, c’était Rick Middleton des Bruins, avec son maudit sourire fendu jusqu’aux oreilles! 
 
Le Garden de Boston, lieu mythique, est devenu aujourd’hui le soporifique « TD Banknorth Garden », un aréna comme tous les nouveaux arénas de la Ligue nationale de hockey, c’est-à-dire sans âme, beiges et identiques. C’est comme si les Red Sox décidaient de démolir le « Fenway Park »! L’évolution n’est pas toujours un pas vers l’avant!

Il est 7 h du soir et une heure avant La Soirée du Hockey. C’est l’heure du bain chaud et de Walt-Disney à Radio-Canada!!! Après le bain, j’allais mettre mon fameux pyjama en « flanalette » de la ligue nationale de hockey, que j’ai usé comme jamais un vêtement n’a été usé! Les cheveux mouillés par en arrière comme l’arbitre Ron Fournier, un verre de Quick aux fraises dans les mains et mes pantoufles tricolores dans les pieds, j’étais prêt pour La Soirée.
 
Encore aujourd’hui, quand j’entends cette musique, des frissons me parcourent le corps! Chaque game qui se jouait contre les équipes de la division Adams devenait un évènement à ne pas manquer, surtout celles contre les Nordiques! La bonne vieille division Adams était composée de Buffalo, Hartford, Boston, Québec et Montréal.


Ces beaux matchs de hockey, commentés par le maître de cérémonie René Lecavalier et son acolyte, le non moins célèbre Gilles Tremblay, sans oublier Lionel Duval aux entrevues. Des piliers, des légendes, des inimitables, du monde qui restera gravé à jamais dans ma mémoire de sportif de salon!


Entre la première et deuxième période, j’allais tourner la roulette de la TV comme une roulette russe au canal 13, pour voir les Maple Leafs à CBC dans leur vieux mythique Maple Leafs Garden, là où les Leafs ont perdu de toutes les façons possibles pendant des décennies!
Entre la deuxième et la troisième, c’était parfois l’heure des beignes aux patates que ma mère préparait avec amour! Elle roulait sa pâte avec une bouteille de liqueur en vitre. J’avais aussi droit à une petite bouteille de liqueur Fiesta que le marchand de liqueur venait livrer à notre porte tous les jeudis soirs que le bon dieu amenait. Les saveurs étaient infinies: fraise, crème soda, bière d’épinette, orangeade, raisin, root beer, etc.
 
Arrivait déjà trop vite la dernière minute de jeu…
J’écoutais l’émission jusqu’à la fin, jusqu’à la fin du thème de La Soirée du Hockey, jusqu’à la dernière note! Finalement, Nilan s’était encore battu.
 
Et si aujourd’hui un petit génie dans une bouteille me donnait le choix entre un million et la possibilité de revivre une de ces soirées d’autrefois sur la rue Fillion, je choisirais sans hésiter la soirée d’autrefois. 
 

Et si ce même génie m’offrait un samedi, je choisirais une game dans laquelle on avait éliminé les Bruins en plein  »Garden » de Boston et le gros Rick Middleton!

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