Thank you Mister McDonald

Les Américains aiment le baseball comme on aime son père et sa mère! Le baseball est comme un membre de la famille! Un petit Américain apprend souvent à frapper et attraper des balles avant d’écrire! Pour les amoureux de l’histoire, le baseball est une mine d’or. Le baseball est une tradition qui remonte à aussi loin qu’Abraham Lincoln. Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un petit Américain qui apprit le baseball avant l’arithmétique.

Voici l’histoire de mon ancien collègue de travail Ronald « Ron » Nathaniel, le plus québécois des Américains que je connaisse.

 

Quelque part au New Jersey, en 1954…

Un vieux monsieur et une vieille madame habitent à coté des parents de Ron. Leur rêve était de fonder une famille, mais comme la vie n’a pas de système de justice, ces vieilles personnes n’ont jamais eu d’enfants.

 

Un jour que Ron est dans sa cour à jouer avec ses p’tits soldats verts en plastique avec les pieds toujours fondus, il voit un drôle de vieux monsieur avec un chandail de baseball des Indians de Cleveland s’avancer vers lui.

 

Ron, du haut de ses quatre ans, pensait que le monsieur était un joueur de baseball qui avait perdu son chemin, mais en fait, c’était un concierge presqu’à la retraite. Il invitait le p’tit Ron à frapper des balles dans sa cour, avec l’approbation de sa mère bien sûr!

 


Le vieux monsieur mit un bâton de plastique (waffle) dans les mains de Ron et l’installa face à une plaque imaginaire. Lui, le vieux concierge, sortit de sa poche une balle de baseball en plastique et commença à la lancer à Ron, qui fendait l’air à tout coup. Pendant cette première pratique avec son voisin, Ron ne frappa pas la balle une fois… une heure à « swinguer » dans le vide, ça épuise un p’tit monstre!


Après leur deuxième séance de « swignage » dans le vide, Ron est parti chez eux en pleurant. Comme Ron a une tête dur, il est revenu le lendemain avec l’intention de frapper cette maudite balle l’autre bord de la clôture. Encore une fois, comme un mauvais film de série B, Ron est reparti chez lui avec le bâton sur son épaule et le sentiment qu’il ne frapperait jamais cette balle!

Le vieux bonhomme était du genre patient. Il a attendu toute sa vie après des enfants qu’il n’a jamais eus, et Ron est du genre têtu. Un mix parfait pour un p’tit gars qui n’a pas touché la balle pendant la moitié de l’été 1954…

 

Pendant une belle journée du début du mois d’août, le genre de journée dont on se souvient toute sa vie, Ron est allé frapper des balles chez son vieux voisin, c’est-à-dire qu’il est allé fendre l’air chez son voisin. Le miracle se produisit. Qui a dit que les miracles n’existaient pas? Bande d’incultes!


Ron se réinstalla près du marbre, comme mille fois auparavant. Il y avait un-je-ne-sais quoi dans l’air de Jersey cet après-midi là! Le vieux lançait la balle une autre fois, encore une fois et le bâton du petit Ronald « Ron » Nathaniel fit par magie contact avec la balle. Le genre de magie dont tu te souviens toute ta vie, le genre de magie que tu racontes les yeux dans l’eau à ton collègue de travail un banal mercredi après-midi, dans un entrepôt de Montréal! Le genre de magie qui donne des frissons 50 ans plus tard, c’est dans mon livre à moi plus fort qu’Houdini!

Pour le reste de l’été, Ron s’est transformé en « SLUGGER ». Il est devenu un furieux partisan de Cleveland et de Bob Feller!  

Aujourd’hui encore, à 60ans!

Chaque fois que Ron foule un terrain de balle pour jouer au softball, balle donnée ou au baseball, quand il dépose un pied sur un terrain de balle pour jouer, il ferme les yeux, fait un signe de croix et remercie son bon vieux voisin du New Jersey en disant…

Thank you Mister McDonald!!! 

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8 comments

  1. Sandra Payeur-Gauthier (St-Jérôme): Dans ton texte je reconnais mon petit Sunny qui swignais des balles sur un t-ball durant des heures, en fait durant tout le match de son grand frère, c'était l'unique solution pour ne pas courir après lui durant tout le match…il savait frapper des balles avant de compter, avant meme de savoir se faire bien comprendre…il a le baseball dans le sang Sunny la terreur.

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