»Iron » Mike Brault et les autres

C’était l’époque des poubelles garrochées su’a glace après un mauvais call de l’arbitre. L’époque des chaises garrochées dans les estrades par les « Serge Labelle » de ce monde.
L’époque des oreilles molles quand Roch Isabel des Papetiers de Windsor rentrait dans place. L’époque des puissants Blizzards de St-Gabriel-de-Brandon et dans ses rangs, dans son âme, le valeureux Denis Aspirot! Il y avait avec Thetford Les Mines, le légendaire Nathan Morin qui demeure dans mon livre, le meilleur pound for pound!
Il y avait aussi un gros boeuf de l’Ouest canadien. Certains l’appelait « Le chaînon manquant » car parfois sur la glace, il était entre l’homme et le singe! À San José avec les Sharks on l’avait surnommé le « Missing Link »… le légendaire, de triste mémoire Link Gaetz! Moi je connaissais Gaetz depuis ses années junior dans la WHL. Une fois qu’il enlevait ses mitaines, il avait deux massues au boutte des bras. Alcoolique au dernier degré, mangeur de pinottes et brasseur de marde en tous genres. Il a souvent monté des gâteaux dans sa tête à force de sniffer de la poud’! Un être tourmenté. J’aimerais prendre une bière avec lui en faisant un podcast.
À Saint-Georges de Beauce, il y avait André Falardeau. Un dur de dur. J’ai mémoire de certains de ses combats contre Serge Roberge, des classiques du genre. André Falardeau comme le dernier des Mohicans, il en existe plus des comme lui.
Et pis à Pont-Rouge, il y avait Jessy Grenier, un gros taupin aux mains rapides comme Billy the Kid. Il aurait été terriblement dangereux à la tombée du jour à l’époque du Far West! Comble du ridicule, Jessy n’était pas le king de Pont-Rouge.
À tout seigneur, tout honneur, « Iron » Mike Brault a fait les joies des partisans du senior pendant tellement d’années. La bête à son meilleur déchirait la peau de ses adversaires à coup de gauche, de « drette » et à coup d’uppercut.
Il pouvait vous fendre en deux. « Iron » a dominé le monde des durs à cuire pendant de nombreuses années, c’est comme s’il était increvable. Et un certain soir, dans ce qui était son dernier combat à vie, il s’est fait knocker par un certain Samuel Lévesque. Le dernier des vrais goons était étendu face première sur la glace… comme un baiser de la mort. Il était impossible que « Iron » Mike Brault finisse sa carrière sur une bonne note. Les jointures usées, le maudit temps aura eu raison du plus grand goon de l’histoire du hockey senior québécois.
Anecdote #1: Moi et mon buddy Simon, le meilleur chum que j’ai jamais eu, avons décidé d’amener deux filles à un match de hockey senior entre Pont-Rouge et Les Chiefs de Bob Berger à Sainte-Thérèse. Oui, nous les Roméo plutôt Pérusse que Montaigu, voulions joindre l’utile à l’agréable avec nos dates de la soirée… pour un soir seulement comme on dit!
Une rumeur dans les coulisses disait que Bob Berger avait fait venir des Territoires du Nord-Ouest un Inuit à faire peur! J’ai même entendu dire qu’il se serait battu avec des aurores boréales par chez eux. Il s’appelait Mimo. Il était gros et large mais d’une lenteur à faire paraître la tortue dans la fable de Lafontaine pour une gazelle.
Le match est vieux d’une seconde… Les gants d’ « Iron » Mike Brault sont sur la glace, il a les jointures à l’air libre. Mimo notre proie a lâché ses mitaines aussi mais moins vite! Trois coups de poing sur la margoulette plus tard, notre Eskimo du Grand Nord faisait contraste avec le bleu de la glace. Il était littéralement en sang et ma date de la soirée avec qui il ne s’est rien passé par la suite a tombé dans les pommes à la vue du sang. « Iron » Mike Brault en plus de mettre KO les Premières Nations a mis KO les espoirs d’un one night stand!
Anecdote #2: Je suis avec « Tom Tom » au Colisée de Laval, un match entre les Chiefs de la place et les Dragons de Ville St-Laurent!!! Je parle fort, j’ai les baguettes en l’air et une bière de trop dans la main. Je vais aux toilettes et le gars avec qui je m’étais obstiné me suit aux toilettes avec « Tom Tom » derrière lui.
Je pisse mes bières de la 1re et 2e périodes. Et une fois fini, le gars à côté de moi à l’urinoir me dit et je cite:

Tu parles trop fort et trop toé?

mange d’la marde!
Le gars lève un peu son chandail pour me montrer un morceau qui ressemblait à un .45! J’ai soudainement le goût de pisser encore mais cette fois dans mes culottes. Je me rappelle soudainement que je ne suis pas éternel.

T’as raison man! Je parle trop fort. Tes oreilles sont pas si sensibles que ça tsé…
Il rit, moi aussi et « Tom Tom » rit de la même couleur que moi. Nous rions jaune en duo! J’ai terminé la game dans le silence total et « Tom Tom » aussi. Et j’pense que dans le char au retour, pour être sûr, on a pas parlé non plus.
Anecdote #3: J’ai mémoire de Luc « Gros Bill » Lachapelle . J’ai mémoire de Lachapelle qui arbitre au Forum de Montréal et au Maple Leafs Garden. Il est « scab » de son état pendant que les arbitres de la LNH sont en grève. Il aura arbitré 9 games dans le grand circuit. J’ai mémoire de Lachapelle au Colisée de Laval en plein coeur du House of Pain danser entre deux sifflets sur du Elvis Presley. Il est le meilleur arbitre que j’aurai vu d’ma vie. Gros Bill aimait le spectacle et le spectacle aimait Gros Bill. Aujourd’hui on ne fait que prononcer son nom et le sourire s’accroche automatiquement dans la face de chaque amateur de hockey de la Belle Province! Son nom est devenu folklorique comme lui. Et suite à un long combat contre le cancer, il est décédé en 2015.
Je vous ramène à un événement de triste mémoire qui s’est passé avec certains spectateurs de Thetford Les Mines. Une fin de match qui avait brassé et Lachapelle avait mangé une claque su’a yeule. Le lendemain, il arbitrait chez nous à Lachute. Et la rumeur disait que les gars de Thetford descendaient en ville.
Je m’organise pour avoir le numéro du Gros Bill et je lui dis de pas s’inquiéter, qu’il peut venir arbitrer chez nous sans peur, qu’il aura le respect et la protection nécessaire pour faire sa job. Je lui dis qu’on va l’escorter jusqu’à la chambre des arbitres et qu’à la fin de la game on va l’escorter jusqu’à son auto. Je lui dis aussi que je le fais par respect pour le plus grand arbitre de l’histoire de la LHJMQ. Je lui dis que j’ai une seule demande, qu’il danse sur du Elvis entre deux sifflets… Il rit et accepte.
Il a arbitré son match en paix. Mes vieux chums du Bronx dans la paroisse de Ayersville, Rick et Mike ont géré la patente comme des gentlemans. Et comme le grand arbitre qu’il est Luc Lachapelle n’était pas plus sur notre bord que celui de Thetford pendant la game.

Après la game…
Dans le parking de l’aréna direct su’a rue Hamford, nous nous sommes fait une accolade.
Bon voyage Gros Bill!

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3 comments

  1. WoW !!!!!! Moi Fille de Luc Lachapelle !!! Te remercie énormément pour cette anecdote xxx j’ai le cœur gros avec le soury en coin tellement lui j’adore ton texte !!! Merci 😊🏒❤️

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