Publié dans Anecdote, Bouffe, Foodies, Souvenir, Voyage

Nonna Tina

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Entre l’avenue Playa et l’avenue 1, il y a un petit trésor cubain que même les plus grands pirates des Caraïbes rêveraient de posséder. Un petit resto de rien sur le coin d’une rue quelconque. Un petit resto enfoui dans le fond d’une ruelle lugubre. Un trésor qu’on trouve au hasard, ce n’est pas le genre de place qu’on cherche…

Moi, c’est un chauffeur de taxi enfoui dans son silence qui m’a apporté en terre promise. Mon chauffeur Alfredo Ninna aurait trouvé la route des épices si on lui avait demandé. Il ne se serait pas trompé de bord comme ce bon vieux Christophe Colomb.

La journée est entre chien et loup. Pour dix dollars, Alfredo nous amène en ville dans sa machine. À l’origine nous devions aller au Dante ou quelque chose de même. Comme le resto était réservé pour une soirée privée, nous sommes repartis avec notre petit bonheur dans la machine d’Alfredo. Je lui demande s’il connaît une bonne place de pizza à Varadero.

Il me dit dans un anglais incertain, qu’il connaît la meilleure place de pizza au monde. Le plus grand secret de Varadero… blablabla que je me dis!

Mon chauffeur ne fait ni une ni deux, le pied dans « pan » direction Nonna Tina qu’il me dit. Gilles Villeneuve peut reposer en paix, j’ai trouvé son émule en terre cubaine. Il ne tourne pas les coins ronds mon Alfredo, juste les coins de rue. Je pointe un joli palace pensant que c’était notre resto. Nenon, c’est pas lui, c’est l’autre petite bâtisse de rien au milieu du néant.

La devanture est remplie de lumières de Noël blanches en guirlande, de style pub américain. Une jolie Cubaine nous accueille à l’entrée. Il y a 30 minutes d’attente, pas grave à notre gauche un bar de fortune pour ceux qui patientent. La musique est bruyante, c’est celle du top 40 américain. Les enfants se font faire des drôles de drinks, ma blonde prend un mojito et moi une bière (Buccanero Fuerte). Nous sommes cinq assis sur notre petit banc, moi, Mathilde, Théo, Karine et le bonheur! Despacito hurle à travers les colonnes de son du Nonna Tina. J’ai tellement faim que je suis en train de m’auto-digérer. Le monde autour de moi parle espagnol, français, allemand, russe, anglais, une belle cacophonie qui me rappelle que la terre est bien petite. Les assiettes r’volent partout, ça parle fort et vite.

La jolie hôtesse cubaine nous amène à nos places en s’assurant que le barbu que je suis ait une autre bière pleine dans les mains. Nous commandons de la pizza pour cinq, moi, Mathilde, Théo, Karine et le bonheur! En ce début de soirée, la vie est trop facile. La bière descend bien on dirait une pitoune du Trou du diable. L’immense pizza de style américain arrive à notre table grasse, mince, remplie de fromage et de pepperoni. J’ai soudain une émotion. Nous en avons commandé deux pour être sûrs de faire une indigestion.

Au final, Théo 6 ans a mangé cinq pointes. Pour ma part, ce fut la meilleure pizza jamais mangée de ma vie tout simplement. Une petite bière « on the side », des gens qui parlent fort partout, une petite brise d’été… et le bonheur peinturé partout partout dans le ciel de Varadero.

Le soleil de Varadero est parti se coucher car il a de grosses journées ici. Le ciel est plein d’étoiles, la lune est pleine et hurle aux « wild dog ». La petite ville de Varadero prend tout son sens le soir. Elle danse, elle chante, elle boit, elle brûle du gaz à travers ses chars antiques. Despacito hurle dans tous les speakers.

Varadero, c’est une Cubaine belle comme la vie un dimanche soir. Enveloppée dans une robe d’été.
Le repas est fini. Les bières et liqueurs sont vides. Nous repartons avec notre petit bonheur et on se cherche un taxi pour retourner à notre hôtel! Dans le fond d’une ruelle en face du Nonna Tina, il y a un vieux taxi, avec un vieux chauffeur et 5 passagers qui gazouillent de bonheur.

Viva Nonna Tinna!


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Escudo

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J’ai découvert un petit trésor Portugais vendredi passé lors de mon heure de dîner.
Mon ami Justin me parlait de ce petit resto de rien du tout depuis longtemps. Faut savoir que l’ami en question n’est pas du genre émotif, il est plutôt du genre pragmatique. Il m’en parlait avec admiration.

Il faisait -1000 cette journéelà. Pour être plus précis cétait autour de -25 au soleil!
La neige craquait sous mes bottes. L’hiver est bel et bien installé au Québec.
On arrive devant le fameux restaurant. Il est situé dans un genre de centre d’achat où chaque petit magasin à son entrée. Il est situé au milieu de nulle part. Le stationnement est horriblement petit mais comme je suis venu pour manger, je me fous du stationnement.

En entrant, vous savez que vous êtes arrivé quelque part! Je n’étais plus au Québec c’est comme si je m’étais téléporté quelque part à Lisbonne. Nous étions littéralement enveloppés dans une ambiance cosy. Au comptoir, six chaises pas une de plus. Au bout du resto fait en long, une table pour 4 petites personnes. Bien sûr que si petit le resto offre le service de livraison et les take-out. Nous nous sommes assis, j’avais l’impression d’aller à la messe. Le moment était solennel. Oui c’est en plein ça, l’Escudo c’est une petite église. Elle est remplie d’âme. J’étais devant l’hôtel et j’attendais ma bénédiction. Derrière nous de beaux présentoirs en vieux bois de produits européens. Des vinaigres, des huiles, de la farine, un paradis pour l’épicurien en moi.

En arrière du comptoir un gars passionné. De toute évidence un Portugais. Je vous avais déjà dit que dans un autre vie j’ai été Sherlock Holmes. Le cuisinier/serveur/homme orchestre travaille en sifflant. Il porte la queue de cheval et un air casual. Il ne court pas en arrière de son comptoir (la vita é bella). Il a l’air au-dessus de ses affaires et j’adore ça. Son partenaire serveur/cuisinier/livreur remplit une »tub » avec du bon vieux charbon. Lui n’a pas de cheveux mais comme l’autre, il est au-dessus de ses affaires.

Mon ami Justin commande et je prends exactement la même chose que lui. Je lui fais confiance les yeux fermés. Donc ça va être une cuisse de poulet au charbon, des frites descendues directement du ciel pour nous, une salade toute simple et une petite Sumol en bouteille (liqueur Portugaise).

Le repas des dieux est prêt. L’homme-orchestre Portugais nous demande une première fois comme si cétais plus un ordre qu’une suggestion:

Homme-orchestre (en regardant notre poulet): Épicé!
 
On accepte sans rouspéter. Il met un genre de moutarde sur nos cuisses. Je pourrais pas vous dire quel genre de moutarde mais je peux vous dire qu’elle a été faite avec amour et passion.

Homme-orchestre (en regardant nos frites): Épicé!
 
Oui

Homme-orchestre (en regardant encore notre poulet): Épicé!
 
On répond encore par l’affirmative et il badigeonne notre poulet avec un genre de sauce avec un pinceau comme s’il était Picasso.

Son partenaire s’en va faire des livraisons, l’homme-orchestre est maintenant seul.
On mange, on boit, on savoure, on parle pas beaucoup car c’est comme si on mangeait le Portugal. Nous avons la bouche pleine de bonheur. Et pendant qu’on se bourre la face comme deux mécréants, le cuisiner prépare dans notre face une poutine au chorizo sur laquelle il déverse un océan atlantique de sauce onctueuse. J’ai la bouche grande ouverte.

Homme-orchestre: Non, j’peux pas t’en vendre là, tu vas dormir dans ta shop après-midi!
 
Je laisse ma bouche ouverte pour rire un bon coup.

Homme-orchestre: On est prêt pour le dessert les gars?
 
Oui mon père!

Il sort de son présentoir à dessert, une minuscule tartelette! Du genre dessert minimaliste.

Homme-orchestre: Vous pouvez la manger froide ou je vous arrange ça à la mode.
 
À la mode svp!

Homme-orchestre: Épicé!
 
Oui.

Petite tartelette cuite directe sur le grill au charbon! Direct dans la tub. Petit dessert anodin que je croyais. Simple et bon. Le nom de la tartelette de rien? NATAS mais demandez à la mode, je vous en prie!

Après le dessert j’aurais aimé recommander un ordre de frites, c’est vous dire comment que les frites dépassaient l’entendement et je ne vous parle pas du poulet car je n’ai pas de mots qui puissent rendre justice à ce poulet.
 
Repas complet avec liqueur et dessert: pour deux 33$
Bon, simple et folklorique.
 
Épicé!!!

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