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Aux 3 puces

En plein coeur du célèbre Marché aux Puces de Lachute sur la côte de sable, il y avait un bar de danseuses qu’on nommait Aux 3 Puces! Les plus vieilles danseuses de Montréal venaient finir leur carrière dans le comté ou mourir. 

Je vous jure qu’aucune danseuse du 3 Puces était à finir son université! La seule école possible pour elles était la plus difficile, celle de la vie. J’ai moi-même de mémoire été Aux 3 Puces quelquefois.

 Il y avait des miroirs partout dans bâtisse. Au plafond, sur les murs, en arrière du poteau des princesses faciles même qu’il y avait des miroirs d’in toilettes pour sniffer de la poud’. Des miroirs partout tant et tellement que je croyais être dans un château de verre. Autant de miroirs et pourtant tout le monde regardait à terre. Pour bin faire on aurait eu d’besoin de miroirs en forme de plancher aussi.  

Chaque fille a son tapis et son background de misère. La dope était nécessaire pour les filles du 3 Puces. C’était une question de survie! Ce qui m’avait frappé la première fois que je suis rentré là c’est l’odeur. Un mélange de mort, d’alcool et de cul! Nous étions ensemble à regarder des filles survivre avec leur cul. C’est poétique mais dans la réalité c’est crasse.

La première fois que j’ai rentré là, étrangement, je ne pensais qu’à mon père! Lui qui avait passé d’innombrables heures ici et honnêtement je comprenais pas pourquoi!  Il y a très longtemps, tellement longtemps que les Expos de Montréal venaient dans ma ville avec leur caravane d’hiver, leurs tuques à pompon et Youppi. 

Il y a très longtemps… C’est presque dans une autre vie! Quand je le raconte c’est comme si je parlais de quelqu’un d’autre. Dédé était en forme cette journée-là. C’est comme s’il avait eu une révélation divine des seins des 3 Puces! Il était chaudaille déjà quand il est parti dépenser le dernier 50 piasses de la famille. Un chèque d’allocation familiale pour être plus précis. Je m’en rappelle très bien. C’est encore frais dans ma mémoire, surtout les pleurs de ma mère, les pleurs de rage, de maudire sa vie avec Dédé.

Dédé donnait un sens au mot chaos. Le frigidaire sonnait vide et nous n’étions qu’à la fin de la deuxième semaine du mois. Dédé pensait qu’avec le 50 piasses il gagnerait le fameux tournoi de fer provincial du 3 Puces. Oui il était un bon joueur de fer, il pouvait lancer le cheval avec et pogner la pine. Ce dimanche-là, il voulait remporter le tournoi, remplir le frigidaire.

Il y avait ce jour-là au tournoi, des gars de la Beauce, de Québec, de l’Abitibi, de Montréal, de Sherbrooke, de la Côte-Nord même de Pembroke en Ontario! Le propriétaire du 3 Puces avait fait venir un « shit load » de danseuses pour la circonstance. La côte de sable était en effervescence. Ça sentait la « boésson » et le cul à plein nez partout dans les rues sales et transversales de Lachute! À c’qu’on m’a dit de mémoire, Dédé était en forme cette journée-là.

Il a fait danser à sa table une danseuse rousse. À coup de 5 piasses jusqu’à 50 à ce qu’on m’a dit. Il n’a pas laissé une cenne pour ceux qui l’attendaient au 477 de la rue Filion. C’est probablement de la faute de son enfance, en tout cas pas de la sienne. De mémoire cet homme n’a jamais eu tort. C’est quand même exceptionnel quand on y pense.  Il a aussi eu le temps pendant cette journée interminable de se chicaner avec sa queue de chemise et un autre voleur de chèques d’allocation comme lui.

Il est revenu au 477 rue Filion trois jours plus tard. C’est ce qu’on appelle partir sur une balloune. Mon père est arrivé comme un train à la maison sur deux track de poud’! Il avait aussi les yeux en forme de raton laveur. C’est comme s’il avait dormi dans un container de vidange tellement il sentait la charogne.  J’oubliais, il avait en sa possession un beau grand trophée de champion provincial des fers. Il avait même son nom de gravé sur une plaque pour vous dire le sérieux de la chose. Il a défendu son titre plusieurs fois pendant l’année faisant même la tournée des buvettes. Une belle tournée de champion.

On raconte qu’il avait remporté la finale en 5 coups un peu beaucoup chaudaille contre un gars de Beauce-Nord probablement aussi chaudaille! L’histoire ne dit pas combien de coups il avait donné à la danseuse rousse par contre. Ma mère, inquiète de son homme, aux limites de l’anxiété, au bout de l’inquiétude. Le chaos de Dédé avait pris toute l’air dans le logis.

Une fois revenu, ma mère a sauté dessus à califourchon comme s’il revenait de la deuxième guerre mondiale! Ma mère l’aimait d’amour, de folie son chaos mais surtout de dépendance affective. Et moi je regardais la scène incrédule du pas très haut de mes 7 ans. Je me demandais pourquoi il méritait autant d’amour.

Comme des photos de ma mémoire d’enfant qui n’a rien oublié… Une track de poud’ sur la table de cuisine pour monter un restant de gâteau dans sa tête, un portefeuille vide même s’il a gagné le tournoi, et surtout le bruit sourd partout dans le logis du frigidaire vide. FIN

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Le dernier des vrais pâtissiers

Le dernier des vrais pâtissiers

Il était d’une race d’homme qui n’existe plus ou presque. À travers ce texte je vais vous raconter la vie et la mort du dernier vrai pâtissier, Jean-Pierre Daireaux.
Il tenait commerce à Repentigny. Il possédait La Petite Chocolatière dans le quartier industriel. J’ai travaillé moi-même à cet endroit à l’époque. Pour vous situer dans le texte, Jean-Pierre est le beau-père de mon frère Balloune.

Mais avant tout, retournons dans le temps à ses origines, à son pays, un petit caillou perdu dans l’Atlantique. Il faut comprendre que Saint-Pierre-et-Miquelon est un petit caillou français collé sur Halifax. Pour leur plus grand malheur, elle appartient toujours à nos cousins français.

Saint-Pierre-et-Miquelon est poétique. Je pourrais vous parler de Rémi le pompier qui n’a jamais éteint un feu. Je pourrais aussi vous parler de leur Gabou (mendiant). Saint-Pierre-et-Miquelon est folklorique d’est en ouest avec ses petites maisons aux toits colorés. C’est ici qu’est né et a grandi le dernier des vrais pâtissiers.

Mais avant Jean-Pierre, il y a eu Alfred son papa, celui qui accueillait les marins. Un homme qui avait la parole facile même si on le comprenait pas le 3/4 du temps. Il avait aussi la levée du coude facile! Le vin était bon à toute heure. Il parlait fort avec conviction. Il était un homme d’eau. Il a presque lui-même inventé le mot « couille »! Il pouvait dire ce mot entre deux mots comme ça à répétition. C’était pour lui comme un genre de patois! Il cachait des bouteilles partout, pas qu’il était collectionneur car à la vitesse qu’il les sifflait…

Et quand Tati découvrait la cachette du vin, on pouvait entendre résonner comme un bruit sourd, partout de Saint-Pierre jusqu’à Miquelon un retentissant « MES COUILLES ».

Jean-Pierre Daireaux est arrivé ici au Québec avec sa femme Janick et sa fille Laurence qui avait 9 ans et l’espoir d’une vie meilleure! Il a travaillé avec acharnement pendant un temps pour Première Moisson mais savait déjà que c’était pas sa voie. Le pâtissier de talent savait qu’il gaspillait son talent à travailler pour quelqu’un d’autre! Il a courageusement mis sa maison de Terrebonne en gage pour acheter La Petite Chocolatière. C’est très courageux! Le reste fait partie de l’histoire. Jean-Pierre a réussi son pari! 

Daireaux l’homme, porte en lui les lettres de son nom avec fierté! Daireaux porte en lui Saint-Pierre-et-Miquelon, il porte en lui la levure, le pain fraîchement sorti du four. Daireaux est grandiose. Daireaux, increvable malgré le cancer qui rongeait ses os de pâtissier! Daireaux malgré la mort! Daireaux dans la mémoire de ceux qui sont vivants! Jean-Pierre Daireaux jusqu’au dernier souffle! 

Laisse-moi honorablement te raconter les dernières heures du dernier des vrais pâtissiers…

Il y a eu un FaceTime avec sa vieille mère… des silences et pis des silences avant son départ. La poésie ici est inutile ainsi que mes mots!

Le dernier regard avant son départ pour l’hôpital entre lui et mon frère… Daireaux, Jean-Pierre Daireaux a remis, a transmis toute sa confiance, toute la confiance d’une vie à travers un regard. Il a donné le sien à mon frère. Il a donné le sien à son presque fils. Il avait à peine 50 ans le dernier des vrais pâtissiers!

Daireaux:
-pétrit la pâte jusqu’au dernier souffle
-donne un sens au mot courage
-porte en lui toutes les lettres du mot homme
-est mort avec lui, l’amour du dur labeur
-humble, fier, orgueilleux 


Merci Jean-Pierre Daireaux! À chaque jour tu nous montres le chemin à suivre…
Tu aurais mérité tous les deuils nationaux possibles.

Daireaux, synonyme d’honneur. 

Jean-Pierre Daireaux fils de Saint-Pierre-et-Miquelon, fils d’Alfred, tu mériterais qu’on célèbre ta mémoire à chaque année! 

Et le 19 décembre 2014 est mort à Terrebonne le dernier des vrais pâtissiers! Saint-Pierre-et-Miquelon, cette journée devrait être une journée de deuil national!

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 200x250_353487.jpg.
Jean-Pierre Daireaux

Je dédie ce texte avec tout l’amour que je possède en moi à tes petits-fils Rémi et Jérôme.

Bilou et le chinois

Bilou et le chinois

André « Bilou » Robitaille est mort dans l’anonymat total ou presque en mars 1983 à l’âge de 100 ans au creux du p’tit Canada, au fin fond de la rue Filion! 

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