Publié dans Baseball, Baseball Québec, Chronique, Negro League

SATCHEL PAIGE

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Extrait: Leroy a compris rapidement dans son existence de nègre qu’il en était un. La scène se passe en 1910, il a 4 ans.

Lien direct vers la chronique: 🔽

https://www.baseballquebec.com/fr/publication/federation/satchel_paige.html



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Publié dans Baseball, Hommage, Negro League

Henry »Hank » Aaron

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Le vendredi 22 janvier 2021 est mort le plus grand frappeur de l’histoire du baseball ! Depuis qu’Abner Doubleday a inventé ce jeu, personne n’a frappé comme ce bon vieux Aaron !

Il emporte avec lui le numéro 44 à jamais. Une moyenne de .305, 3771 coups frappés en lieu sûr, 2297 points produits et 755 circuits frappés naturellement !

Il aura, pendant sa carrière, participé à 25 matches des Étoiles.Mais au-delà du joueur de baseball, il y a l’homme. Celui qui a reçu des milliers de lettres de haine pendant sa carrière, simplement parce qu’il était noir.

Hank Aaron est né le 5 février 1934 à Mobil, Alabama. Il vient d’une famille très pauvre, mais fière. Ses parents n’avaient pas d’argent pour l’inscrire au baseball alors le petit Hank frappait avec un bout de bois sur des bouchons de bouteille. Il pratiquait sa précision. Il a fait les mêmes gestes des millions de fois. Son idole de jeunesse était le grand Jackie Robinson. Il jouait aussi à reproduire la Série mondiale pendant des heures, seul.

À l’âge de 15 ans, il a joué avec les Mobile Black Bears, un club semi-professionnel. Il était aussi un fier membre des scouts. Puis, toujours âgé de 15 ans, il a eu son premier essai (try-out) avec les mythiques Dodgers de Brooklyn. C’était en 1949. On raconte qu’il a fait écarquiller les yeux du coach des Dodgers, Burt Shotton !

Pouvez-vous imaginer pendant seulement une seconde Hank Aaron avec les boys of summer ? Hank au Ebbets Fields ? Hank avec Sandy Koufax, Don Drysdale, Duke Snider, Roy Campanella, Gil Hodges, Jackie Robinson, Pee-wee Reese, etc. ? S’ils avaient été avec les boys of summer, ils auraient battu les Yankees à chaque fois. J’en suis persuadé!

Par la suite, Hank a joué avec une équipe indépendante de la Negro league pour 3 $ par jour. Cela équivaut à 100 $ aujourd’hui ! Il a signé son premier contrat professionnel le 20 novembre 1951, à l’âge de 17 ans. Ed Scott, dépisteur en chef des Clowns d’Indianapolis, lui a fait signer le contrat. Une équipe de la fameuse Negro league. Imagine !

Il a ensuite reçu par télégramme — oui, par TÉLÉGRAMME des offres des légendaires Giants de New York (mythique équipe de Mel Ott) et celle des Braves de Boston.

Finalement, c’est Boston qui a obtenu le contrat de Aaron pour 10 000 $. Le directeur général des Braves de l’époque disait que Aaron valait facilement 100 000 $. Par la suite, Hank ‘’henry’’ Aaron a réécrit l’histoire du baseball à lui seul! Un homme noir, un black. Lui seul avec comme arme pour se battre un simple bâton. Si comme moi tu as déjà joué au baseball organisé , tu sais très bien qu’il n’a rien de simple frapper une balle.

La plus grande ligue de baseball a 152 ans cette année. Fondée en 1869, le meilleur frappeur qu’elle ait eu est ce petit garçon de Mobile, Alabama. Oh ! Bien sûr, Barry Bonds a battu son record de 755 coups de circuit en carrière, mais il n’était pas naturel… Oui, Barry Bond était bon, mais il est loin d’avoir atteint la moyenne, le nombre de coups sûrs et les points produits de Hank, ce qui vous démontre la puissance de Aaron !

Hank Aaron est fait du même moule que Babe Ruth. Un moule qui n’apparaît que chaque siècle, si vous êtes chanceux. Pour moi et beaucoup de fans de baseball, Hank Aaron est le meilleur frappeur de circuit de tous les temps. Babe Ruth a toujours sa deuxième position.

Ici je ne blâme pas que Barry Bonds, je blâme aussi la Ligue majeure de baseball (MLB) qui a profité de cette course folle au circuit !

Aaron a frappé tous ses circuits avec sa passion de la game, son talent que lui-même ne pouvait expliquer et comprendre, sa rage et son désir de la mettre l’autre bord. Hank n’a jamais utilisé de substances pour frapper la balle. Il y a eu Hank Aaron, Babe Ruth et Josh Gibson.

Depuis le 22 janvier, il n’y a qu’une étoile dans le ciel d’Atlanta, mais toute une étoile ! Tellement, qu’elle fait briller l’État de la Géorgie au complet.

Message à la MLB

Comme vous avez retiré le numéro de Jackie Robinson, il serait de mise de retirer le 44. Comme Jackie, Hank a souffert de racisme même que certains partisans voulaient le tuer suite à son 715e coup de circuit qui éclipsa le vieux record de Ruth!

Le 22 janvier en haut, le premier à accueillir Hank était ce bon vieux Robinson celui qui a ouvert  la grande porte aux autres.

Ce texte contient exactement 755 mots.

*(Photo) ©Copyright MLB*


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Smokey Williams

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Joseph Williams est né le 6 avril 1886, 20 ans après la fin de la guerre de Sécession (Civil War). Il est né au Texas dans le petit village de Seguin, un mardi après-midi. Il est né d’une mère Afro-Américaine et d’un père Amérindien plus précisément de la tribu des Comanches.
 
Il arriva dans ce bas monde un mois après la capture du grand chef Apache Geronimo par le général américain George Crook. Joseph est né au temps du coton, des durs labeur, des coups pieds au cul, de la strap axu fesses et de la vraie grosse misère. Joseph Williams est né à la fin du Far-West c’est vous dire l’immensité historique du passe-temps national des Américains.
 
Avant d’être Cyclone, Joseph Williams était le fils à sa maman. D’ailleurs il n’a jamais lancé une balle avec son père Quanah qui n’avait aucun intérêt pour le baseball! Par contre, il a appris les rudiments du sport inventé par ce bon vieux Doubleday avec sa maman Mamou. On raconte que sa mère aurait pu jouer dans la All-American Girl Professional Baseball League.
Mais comme nous n’étions qu’au début de 1890, sa mère n’avait le droit que de respirer. Elle ne pouvait pas donner son opinion, voter, parler en présence d’hommes et son mari pouvait la battre s’il le désirait! Elle n’était qu’une machine à reproduction.
 
*Note historique de l’auteur dans le texte*
Il faut comprendre qu’à l’époque le baseball était dur. Seul les plus coriaces y survivaient, pas de protège-coude, de casque, des crampons limés en métal qui allaient se blottir dans vos jambes. Une simple casquette molle pour aller frapper et faites-moi confiance la casquette n’était là que pour le décorum. La seule chose qui vous protégeait de la balle c’était de l’éviter. Il n’était pas rare de voir un lanceur se battre avec un frappeur, c’était une scène commune. De plus à l’époque il n’y avait pas de releveur. Tu commençais un match, tu finissais le match, simple de même. C’est ainsi qu’un soir en Alabama Cyclone Williams lança 26 manchse en ligne pour perdre 1-0.
 
Joe Williams commença sa carrière avec les Black Bronchos de San Antonio au Texas en 1907. Il avait donc 21 ans lors de sa 1ère saison chez les pros. Il se façonna un dossier de 28 victoires et 4 petites défaites cette année là du haut de ses 6 pi 5 po. Les anciens disaient qu’il avait une balle rapide au-delà de l’imagination, qu’il aurait pu avec un seul lancer faire paraître la vitesse du son plutôt lente. C’est ainsi qu’il méritait son surnom de Cyclone.
Avec ses grandes mains de Williams, il créa autour de lui une grande zone où l’air atmosphérique est en rotation autour du centre de la balle. En terme scientifique, la balle sifflait comme un train à chaque fois qu’elle était lancée. En 1909 lors d’une partie d’exhibition contre les fameux Giants de Chicago (les Harlem’s Globetrotter de l’époque), il lança une partie parfaite. Son équipe gagna 1-0. Celui qu’on considère le père du baseball noir, Ruben Foster était ébahi devant le talent de l’homme de 6 pi 5 po. C’est ainsi qu’est né la légende, le mythe de Cyclone un soir de 1909 sur un terrain de balle à San Antonio. Vingt-sept retraits en ligne dont 21 retraits sur des prises! C’est d’une beauté immense à la grandeur du mythe de Cyclone. En comparaison, en 141 ans d’histoire seulement 22 lanceurs des majeures ont réussi des parties parfaites. À la fin du match, Cyclone alla porter la balle dans les estrades, dans les mains de sa mère.
Cyclone mit un genou à terre devant sa mère et dit: « Merci Mamou ».
 
En 1912, il joua une partie d’exhibition le 24 octobre contre les finalistes de la série mondiale, les terribles Giants de New York et leur légendaire coach »Little Napoleon » John McGraw, qui fut le coach des Giants de 1902 à 1932. Dans ce match, Cyclone n’accorda que 4 petits coups sûrs et remporta la partie 6-0. Ce soir là en plein cœur du mythique Polo Grounds de New York, John McGraw plus grand coach de l’histoire du baseball baptisa Joe Williams d’un nouveau surnom »Smokey » et dit: « C’est comme si la balle, de ses mains au marbre, se transforme en boule de feu. » Ce qui donna à Cyclone dit Smokey Joe Williams et ses coéquipiers de l’exposure au niveau national. Son équipe, les Giants Lincoln de New York, lança un défi aux champions de la série mondiale, les Red Sox de Boston mais il refusa car ils étaient noirs. Le président de l’équipe de Boston déclara que les Red Sox n’étaient pas une équipe de cirque et que jamais il ne joueraient contre des singes.
 
 
En 1914, toujours avec Les Giants Lincoln de New York, il connut sa plus grande saison en carrière avec un dossier de 41-3. Ce qui est du domaine de l’impossible mais avec »Smokey » fils de Mamou tout était du domaine du possible. Il repoussait les limites du baseball à chaque apparition au monticule. À chaque fois qu’il montait sur la butte, il réécrivait le Livre des records. Un soir au Ebbets Fields à Brooklyn, il obtint 27 retraits sur des prises en 10 manches lancées.
À l’âge de 44 ans, Smokey retira 27 frappeurs des Monarchs de Kansas City en n’accordant qu’un seul petit coup sûr en 12 manches. En 1999 soit 113 ans après sa naissance le seul, l’unique Smokey Joe Williams a été élu au Temple de la Renommée du baseball sans jamais avoir joué une game dans les ligues majeures de l’homme blanc.
 
Quand »Smokey » Williams prit sa retraite en 1932, Ty Cobb le meilleur frappeur de moyenne de l’histoire des majeurs et le pire raciste que la terre ait porté déclara que Smokey était le meilleur lanceur qu’il avait vu lancer.
 
Dans le ventre du Ebbets Fields, il y a les exploits de Smokey comme ceux de Pee Wee Reese, Duke Snider, Jackie Robinson, Sandy Koufax, Roy Campanella et tous les autres »Boy’s of Summer ». On raconte même qu’après sa démolition l’âme du Ebbets Field s’est déposé dans un champ de l’Iowa et c’est ainsi qu’on a produit le film »Field of Dream » ou »Champ de rêve ». Encore aujourd’hui vous pouvez aller lancer et frapper des balles sur ce terrain. On raconte que certains soirs au ciel étoilé dans l’Iowa on peut entendre des balles de feu se mouler dans le gant de maman Mamou. Un grand slaque mi-noir mi-Comanche s’amuse comme un enfant à lancer la balle avec sa mère.

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Josh Gibson

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Une journée sans baseball c’est une journée gaspillée disait Gibson.

En 1930, Gibson n’était pas un homme de race noire, mais plutôt un nègre. À l’époque, les Afro-Américains n’étaient pas plus considérés que le singe par l’homme blanc. Un Noir, c’était bon pour ramasser le coton, faire le ménage et être pendu lors d’une cérémonie du Ku Klux Klan! Les Blancs, dits de la race supérieure, étaient assis en avant dans les autobus, et les Noirs devaient s’asseoir en arrière. Il y avait des abreuvoirs pour les Blancs et d’autres pour les Noirs. Gibson, malgré son immense talent, n’avait pas la bonne couleur à l’époque. Il n’était qu’un nègre de service, une bête de cirque, sans plus.


La carrière de Josh Gibson s’est échelonnée de 1930 à 1946. Il a joué avec les Grays de Homestead et les Crawfords de Pittsburgh. Gibson est considéré par les historiens du baseball comme l’un des meilleurs joueurs de balle de tous les temps! Il n’a jamais joué un match dans le baseball majeur, il a passé toute sa carrière dans la Negro League. Malgré tout ça, ceux qui l’ont vu jouer vous diront qu’il était le meilleur.


Quand Gibson a commencé à jouer dans les années 30, c’était encore le
Far-West au baseball. Il n’était pas rare de voir un gars glisser au deuxième but et planter ses crampons dans la jambe de l’adversaire. Des crampons en métal dans une jambe, ça rentre comme un couteau dans du beurre chaud. Certains joueurs comme Ty Cobb allaient même jusqu’à affiler leurs crampons.

Il était homme-orchestre sur un terrain de balle. Il pouvait frapper pour la puissance, courir plus vite que ses jambes, frapper au-delà de la moyenne et, défensivement, il était un catcheur exceptionnel avec un bras canon! Avec ses gros bras de Gibson, il pouvait vous pulvériser les balles comme une piñata.


Si le Bon Dieu avait sculpté un joueur de balle de ses mains, il l’aurait sculpté à l’image du légendaire Josh Gibson.
 

Il n’avait qu’un but, qu’un rêve, c’était de jouer au baseball tous les jours de sa vie. Il disait à qui voulait l’entendre que de jouer un programme double était un cadeau du ciel. En offrande, il s’appliquait à offrir un circuit à la vie, au soleil et à tous les spectateurs qui lui faisaient l’ultime privilège de payer pour le voir jouer. Son rêve ultime était de jouer dans les ligues majeures, mais à l’époque, Martin Luther King n’avait pas encore eu son rêve!

Par un beau soir de juillet 1930, quelque part à Kansas City…
Le ciel est sublime et les lumières éclairent le terrain de tous leurs feux. Des pères de famille sont assis dans les estrades avec leurs fils qui se bourrent la face de patates frites et de hot-dogs, comme quoi même l’évolution n’a pas changé le baseball.

Les monarques de l’endroit affrontent les légendaires Grays de Homestead, qui allaient remporter neuf championnats consécutifs dans la Negro League!
En fin de 7ième manche, le catcheur toute étoile des Grays se casse un doigt en trois morceaux. Pour fin du texte, il s’agit de Buck Ewing. L’entraîneur de Homestead cherchait son catcheur substitut. C’était la jeune recrue de 18 ans, Josh Gibson. Il était dans les estrades avec les spectateurs, en train de s’enfiler des hot-dogs (son point faible).

Il est descendu des estrades, a pris un bâton et, à sa première apparition dans la ligue, au premier lancer contre lui, il a envoyé la balle dans les estrades. Ewing n’a jamais plus catché pour Homestead.
Et lors de sa saison recrue, Gibson a frappé pour une moyenne ronflante de .461!


Saison après saison, Gibson était régulier comme un métronome. Avec son bâton, il faisait des feux d’artifice. Lors d’un match au vieux Yankee Stadium, car il faut maintenant dire le vieux Yankee Stadium, Josh a ajouté à sa légende. Ce jour-là, il a frappé un circuit tellement loin dans le champ que la balle est sortie du terrain. La balle s’est retrouvée dans la rue. Dans toute son immense histoire de 1923 à 2008, aucune autre balle n’a été frappée en dehors du vieux Yankee Stadium.
Il est commun de la frapper hors du Wrigley Field de Chicago ou du Fenway Park de Boston. On parle ici d’une frappe à plus de 600 pieds, ce qui est à la limite de l’impossible! La preuve, le seul homme à l’avoir sortie fut ce bon vieux Gibson! Tous les autres frappeurs qui ont essayé, même ceux qui déjeunaient avec des stéroïdes dans leurs céréales, n’ont pas réussi.

Josh n’arrêtait jamais de jouer à la balle. Aussitôt la saison de la Negro League terminée, il se dirigeait soit vers Mexico, Cuba ou Puerto Rico! Il était considéré comme une icône en Amérique centrale. Durant toutes ses saisons mortes passées là-bas, il a maintenu une moyenne de .453!

Gibson jouait tout le temps et, quand je dis tout le temps, c’est tout le temps.
Même après les matches, il allait dans les parcs pas loin de chez lui dans la région de Pittsburgh et il s’offrait pour jouer avec les jeunes. Le tout se terminait toujours par une démonstration de sa puissance. Il était commun de voir Josh en pleine rue avec les enfants en train de jouer à la balle un beau samedi après-midi! Il n’y avait pas de p’tite partie, toutes les parties étaient des cadeaux de la vie! Il aimait enseigner l’art de frapper. Josh aimait le baseball et le baseball aimait Josh.

 

Il a eu 60 apparitions au bâton contre des équipes étoiles du baseball majeur! Pendant ses matches, il a frappé pour une moyenne de .462! L’homme blanc avait à l’époque sa réponse versus le talent de Gibson.


Le 20 janvier 1947, Gibson est mort d’un cancer du cerveau. Il n’avait que 36 ans. À l’époque, la médecine était au même niveau que la boucherie, ou presque, alors imaginez les traitements pour un cancer de la sorte! Trois mois plus tard, Jackie Robinson devenait le premier Noir à jouer dans les ligues majeures. Comparativement à Gibson, Robinson était un être docile, et l’homme blanc aimait son Nègre docile!


La légende des Grays et des Crawfords a terminé sa carrière avec une moyenne de .362 à vie. Pour comparaison, le meilleur en 135 ans d’histoire des ligues majeures fut Ty Cobb, qui frappa pour une moyenne à vie de .367! Gibson frappa 800 circuits en carrière, au naturel, ce qui est à des années lumières du roi des coups de circuit des ligues majeures, Barry Bonds, qui en a frappé 762 avec beaucoup de stéroïdes et d’hormones de croissance! Lorsqu’il a pris sa retraite en 2007, Bonds déclara : « Ce bon vieux Gibson est encore le premier. »


Quand Gibson fut enterré, il n’avait même pas de pierre tombale en son nom. Une simple croix blanche en bois, avec inscrit dessus « Gibson ».

En 1972, soit 25 ans après sa mort, le grand Josh Gibson fut élu au Temple de la Renommée à titre posthume, malgré qu’il n’ait jamais joué une game dans les ligues majeures… son fils a reçu la plaque en main propre! Une injustice, l’injustice d’une vie, a été partiellement réparée. Et en 1975, des amoureux du baseball ont installé une pierre tombale digne de ce nom, là où le grand Gibson est enterré à Pittsburgh!

Note de l’auteur dans le texte:
À chaque fois que l’on me demande qui est le meilleur joueur de baseball de tous les temps, je réponds sans aucune hésitation Josh Gibson.


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Satchel Paige

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Leroy Paige est né par une belle nuit étoilée du 7 juillet 1906. Parmi toutes les étoiles qui étaient dans le ciel de l’Alabama ce soir-là, Leroy allait en devenir la plus scintillante pourtant, lui qui n’était que simple nègre de son état! Fils de ramasseur de coton, fils de femme de ménage, il allait faire courir les foules toute sa vie durant. Il allait même se faire applaudir par des foules de Blancs.

Leroy a compris rapidement dans son existence de nègre qu’il en était un. La scène se passe en 1910, il a 4 ans. À l’époque, le Ku Klux Klan était bien vu, c’était même une organisation remplie de bons chrétiens et de bons catholiques. C’était l’époque de la bonne vieille ségrégation. Cette journée froide d’automne, il prenait l’autobus pour la première fois avec sa mère Lula. Ils sont entrés par l’arrière du bus. Le jeune Leroy demande à sa mère pourquoi ils sont entrés par en arrière alors que le bus s’était arrêté juste en face d’eux?

Maman Lula : Les gens de couleur comme toi et moi devons tous entrer par l’arrière de l’autobus, c’est la loi. Les quatre premières rangées sont aussi seulement pour les Blancs, c’est la loi. Sous aucun prétexte tu ne peux enfreindre ces lois, car c’est la loi des Blancs.

Paige, du haut de ses 4 ans et demi, répliqua à sa mère que le jour où il deviendrait une étoile du baseball, il lui achèterait son propre autobus.
Pour fins historiques, il faut savoir que pendant que les 4 premières rangées des autobus étaient réservées aux Blancs, le 3/4 de la population de la ville de Mobil était noir!

À l’âge de 7 ans, pour aider la famille, Leroy s’était trouvé un travail à la gare de Mobil. Il était porteur, porteur de p’tite misère à la semaine. Il était payé une pauvre cenne par sac ou valise de voyageur qu’il traînait. Comme il voulait faire plus d’argent, il s’était fabriqué, avec un long manche à balai et de la corde, un support pour pouvoir traîner 4 sacs à la fois. Ainsi, les autres jeunes qui travaillaient le surnommaient ‘’tree of bag’’ ou, si vous aimez mieux, l’arbre à sacs. À la gare du train, le surnom s’est transformé avec le temps pour le diminutif « Satchel » qui veut dire sac.

À l’âge de 13 ans, Satchel a été arrêté pour »shop lifting » ou si vous aimez mieux, vol à l’étalage. Comme ce n’était pas sa première offense, il a été envoyé à l’école de réforme dans la ville de Mount Meigs dans l’état de l’Alabama jusqu’à l’âge de 18 ans! À l’époque, on appelait cette institution l’école industrielle pour les enfants de nègres.
Pendant son séjour à l’école de réforme, il a appris qu’il n’était pas un dur de dur. Et c’est lors de ces années à l’ombre qu’il est devenu un lanceur sous les bons conseils du père Edward Byrd. Le révérend Byrd a développé son style flamboyant. Il fut libéré pour bonne conduite 6 mois avant ses 18 ans! C’était en décembre 1923. 

Lors de sa sortie de l’école de réforme, Satchel joua avec son frère Wilson pour l’équipe semi-pro des Tigers de Mobil. Lors d’une partie mémorable, un certain dimanche d’août 1924, il affrontait les »Down the Bays ». Nous étions en 9ième manche, c’était 1-0 pour les Tigers…

Aucun homme sur les sentiers et deux retraits quand ses coéquipiers se mettent à cafouiller pour trois erreurs consécutives. Les sentiers sont remplis! Satchel est furieux, il tourne autour du monticule comme un taureau. Il donne des coups de pieds sur le même monticule et sacre. Les partisans dans les estrades le huent et lui lancent tous les objets qu’ils peuvent trouver à portée de main de partisans.

Tout à coup, dans un geste d’éclat, du haut de ses 17 ans et demi, Satchel crie à tous ses coéquipiers sur le terrain, exception faite de son catcheur, de retourner au banc. En bref, il leur dit qu’il n’a pas besoin d’eux pour terminer le match. La foule est en délire, on le siffle, on se moque de son arrogance.
Le frappeur suivant se présenta à la plaque avec trois hommes sur les sentiers et personne en défensive.

Satchel lança trois magnifiques balles en plein cœur du marbre, trois rapides à la vitesse du son. Trois balles qui se sont transformées en prise pour le troisième retrait. Dans un petit parc de balle de quartier, »Satchel » Paige avait mis son grand pied à terre. La foule de Mobil avait assisté à la fabrication d’un moment légendaire. C’est ce soir-là que le grand Satchel commença à jouer aux bras avec son mythe.

Il a commencé sa carrière professionnelle en 1927 dans la Negro League. Il aurait pu facilement jouer dans les ligues majeures, mais malheureusement, il n’avait pas la bonne couleur. Cette année-là, il jouait avec les Black Barons de Birmingham. Il terminait sa première saison avec une fiche de 7-1.
Son premier contrat était de 250$ par mois, il en garda 50$ et donna le reste à sa maman Lula.

Satchel Paige disait « Prend la balle, lance où tu veux et lance des prises. Le marbre de bouge pas. »

Sa légende et son mythe grandissaient à chaque match qu’il lançait. Les foules étaient légion. À lui seul, Satchel faisait vivre la Negro League. Il était la grande attraction. Pendant toutes ces années, il a réussi deux matchs sans point ni coup sûr et un match parfait. Il a eu des saisons mémorables de 20 victoires – 3 défaites, 26 victoires – 4 défaites, 33 victoires – 2 défaites et combien d’autres? Il était tout simplement une légende vivante.
Lors d’un match d’exhibition contre les étoiles des ligues majeures, il eut l’honneur et le plaisir d’affronter le grand Joe Dimaggio des Yankees de New York. Encore une fois, Satchel allait faire grandir sa mythique légende.

Voilà la scène…

C’est le tour de Paige de lancer, il lance durant deux manches comme tous les lanceurs étoiles de l’équipe, tout le monde veut se tester contre les gars des ligues majeures. Tout le monde veut son moment de gloire !!!

Paige a donné une clinique de »pitching », il a été tout simplement parfait. Rendu dans sa deuxième manche, il y a deux retraits, aucun homme sur les sentiers et il y a deux frappeurs devant Dimaggio.

L’unique Satchel donne deux buts sur balle automatique pour pouvoir affronter Dimaggio. La foule assiste à une autre page du grand livre de Paige!

La foule est restée debout en silence. Quand le numéro 5 s’est présenté au marbre, la foule lui a donné une ovation, Satchel applaudissait aussi à s’en rendre les mains rouges. Satchel est allé donner la main à Dimaggio en plein match. Joe a enlevé sa casquette par respect. C’est l’heure d’un classique…

Premier lancer: Une prise. La foule debout applaudit discrètement.
Deuxième lancer: Une fausse balle en arrière du marbre, Joe est en retard sur les lancers, déjà deux prises. La foule retient son souffle.
Troisième lancer: Au dernier moment, Dimaggio demande un temps d’arrêt pour déstabiliser le lanceur étoile. Satchel fait un grand sourire à Dimaggio. La foule siffle.
Quatrième lancer: Une balle en plein cœur du marbre. Elle a sifflé jusque dans la mitaine de Josh Gibson, le fameux receveur tout étoile. Joe a frappé dans le vide, une prise. La foule s’est dirigée vers le monticule et a porté Satchel autour du parc pour lui faire un tour d’honneur! Les deux hommes se sont donné une vraie poignée de main sincère et remplie d’admiration.

Plusieurs années plus tard, dans sa biographie, Joe Dimaggio déclara: le meilleur lanceur auquel j’ai fait face dans toute ma carrière, ce n’est nul autre que Satchel Paige. Il est le meilleur lanceur de balle rapide de l’histoire.

Le 9 juillet 1948, à l’âge de 42 ans, Satchel devient la plus vieille recrue des ligues majeures. Satchel pleurait et souriait en même temps sur le monticule.

Les Noirs ont le droit maintenant de jouer à la balle avec les Blancs. Ce soir-là, il porte l’uniforme des Browns de St-Louis et son équipe remporte le match contre les Indians de Cleveland.

Il joua finalement de 1926 à 1950 dans la Negro League et de 1948 à 1953 dans les majeures. Il joua son dernier match dans les majeures à l’âge de 47 ans.

En 1965, il revient dans les ligues majeures pour une seule partie avec les Athletics de Kansas City, il a 59 ans.
Le 25 septembre, il n’accorde qu’un seul coup sûr et retire un frappeur sur prises en 3 manches lancées.

Il a été le premier joueur de la Negro League à être élu au Temple de la renommée du baseball, en 1971.

Le 8 juin 1982, Paige est décédé d’une crise de cœur dans sa maison de Kansas City à l’âge de 75 ans.

Octobre1940…
Par un beau dimanche dans l’après-midi de l’Alabama, Lula Paige se berçait tranquillement. Elle buvait un thé et écoutait une station de blues à la radio. Robert Johnson chantait ses malheurs à travers sa guitare et sa voix. Elle leva la tête et vit en face d’elle son fils au volant d’un autobus. Sur ledit autobus il était écrit : LULA’S BUS.


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