Le dernier des vrais pâtissiers

Le dernier des vrais pâtissiers

Il était d’une race d’homme qui n’existe plus ou presque. À travers ce texte je vais vous raconter la vie et la mort du dernier vrai pâtissier, Jean-Pierre Daireaux.
Il tenait commerce à Repentigny. Il possédait La Petite Chocolatière dans le quartier industriel. J’ai travaillé moi-même à cet endroit à l’époque. Pour vous situer dans le texte, Jean-Pierre est le beau-père de mon frère Balloune.

Mais avant tout, retournons dans le temps à ses origines, à son pays, un petit caillou perdu dans l’Atlantique. Il faut comprendre que Saint-Pierre-et-Miquelon est un petit caillou français collé sur Halifax. Pour leur plus grand malheur, elle appartient toujours à nos cousins français.

Saint-Pierre-et-Miquelon est poétique. Je pourrais vous parler de Rémi le pompier qui n’a jamais éteint un feu. Je pourrais aussi vous parler de leur Gabou (mendiant). Saint-Pierre-et-Miquelon est folklorique d’est en ouest avec ses petites maisons aux toits colorés. C’est ici qu’est né et a grandi le dernier des vrais pâtissiers.

Mais avant Jean-Pierre, il y a eu Alfred son papa, celui qui accueillait les marins. Un homme qui avait la parole facile même si on le comprenait pas le 3/4 du temps. Il avait aussi la levée du coude facile! Le vin était bon à toute heure. Il parlait fort avec conviction. Il était un homme d’eau. Il a presque lui-même inventé le mot « couille »! Il pouvait dire ce mot entre deux mots comme ça à répétition. C’était pour lui comme un genre de patois! Il cachait des bouteilles partout, pas qu’il était collectionneur car à la vitesse qu’il les sifflait…

Et quand Tati découvrait la cachette du vin, on pouvait entendre résonner comme un bruit sourd, partout de Saint-Pierre jusqu’à Miquelon un retentissant « MES COUILLES ».

Jean-Pierre Daireaux est arrivé ici au Québec avec sa femme Janick et sa fille Laurence qui avait 9 ans et l’espoir d’une vie meilleure! Il a travaillé avec acharnement pendant un temps pour Première Moisson mais savait déjà que c’était pas sa voie. Le pâtissier de talent savait qu’il gaspillait son talent à travailler pour quelqu’un d’autre! Il a courageusement mis sa maison de Terrebonne en gage pour acheter La Petite Chocolatière. C’est très courageux! Le reste fait partie de l’histoire. Jean-Pierre a réussi son pari! 

Daireaux l’homme, porte en lui les lettres de son nom avec fierté! Daireaux porte en lui Saint-Pierre-et-Miquelon, il porte en lui la levure, le pain fraîchement sorti du four. Daireaux est grandiose. Daireaux, increvable malgré le cancer qui rongeait ses os de pâtissier! Daireaux malgré la mort! Daireaux dans la mémoire de ceux qui sont vivants! Jean-Pierre Daireaux jusqu’au dernier souffle! 

Laisse-moi honorablement te raconter les dernières heures du dernier des vrais pâtissiers…

Il y a eu un FaceTime avec sa vieille mère… des silences et pis des silences avant son départ. La poésie ici est inutile ainsi que mes mots!

Le dernier regard avant son départ pour l’hôpital entre lui et mon frère… Daireaux, Jean-Pierre Daireaux a remis, a transmis toute sa confiance, toute la confiance d’une vie à travers un regard. Il a donné le sien à mon frère. Il a donné le sien à son presque fils. Il avait à peine 50 ans le dernier des vrais pâtissiers!

Daireaux:
-pétrit la pâte jusqu’au dernier souffle
-donne un sens au mot courage
-porte en lui toutes les lettres du mot homme
-est mort avec lui, l’amour du dur labeur
-humble, fier, orgueilleux 


Merci Jean-Pierre Daireaux! À chaque jour tu nous montres le chemin à suivre…
Tu aurais mérité tous les deuils nationaux possibles.

Daireaux, synonyme d’honneur. 

Jean-Pierre Daireaux fils de Saint-Pierre-et-Miquelon, fils d’Alfred, tu mériterais qu’on célèbre ta mémoire à chaque année! 

Et le 19 décembre 2014 est mort à Terrebonne le dernier des vrais pâtissiers! Saint-Pierre-et-Miquelon, cette journée devrait être une journée de deuil national!

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Jean-Pierre Daireaux

Je dédie ce texte avec tout l’amour que je possède en moi à tes petits-fils Rémi et Jérôme.

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