Le Bronx de Lachute

Le Bronx de Lachute

Moi et mon frère allions jouer à softball dans le Bronx de Lachute malgré la peur à chaque fin de semaine! Le bloc 36 est l’emblème de la grosse misère, le château du quartier. Dans le bloc 36, il y a des rois déchus, des princesses trop faciles, des princes toujours partis su’a brosse, des reines fatiguées et surtout, il y a beaucoup trop de p’tits mongols aux becs sales et abandonnés.

À l’opposé des autres royaumes dans le 36, il y a plus de fous que de rois.
Le bonheur est présent le 1er du mois mais il s’en va assez rapidement. Les claques se donnent aussi facilement qu’une poignée de main! Dans mon Bronx, on se chicane pour passer l’temps. 

(Marcel Lalonde)
Lalonde de Terrasse Saindon n’a pas été élevé mais garroché!
Lalonde à 19 ans se promenait en 10 vitesses avec les poignées à l’envers. Du « tape » blanc autour des poignées pour avoir une meilleure « grip » dans les détours éternels du Bronx. Ode à Marcel Lalonde sur son bécycle à faire le tour du carré à l’infini avec
comme paysage des HLM à perte de vue. C’était d’une poésie sans fin. J’y voyais une scène de film réalisée par Louis Bélanger celui qui nous a donné le magistral Gaz Bar
Blues!

J’aurais donné le rôle de Marcel à Alexis Martin! Il aurait la profondeur et la folie nécessaire pour interpréter notre Lance Armstrong sans gilet jaune. Si on met tous ses coups de pédale un à la suite de l’autre, il a fait le tour de la Terre plusieurs fois, lui qui n’est jamais allé plus loin que la rue Principale à Lachute. Il est
Jules Vernes sans le savoir, il est à lui seul une peinture de Marc-Aurèle Fortin.

Il est sur l’aide sociale depuis la nuit des temps. Il dépense son chèque d’une traite et mange des nouilles « ramen » à partir du trois du mois.

Pour dire la vérité, les Marcel
Lalonde de ce monde devraient être suivis par des intervenants pour les aider dans leur quotidien. Mais comme on se câlisse des Marcel Lalonde de ce monde, il finit par pédaler à l’infini dans mon texte.

(Shoeless)
J’ai souvenir de « Shoeless » Jean-Paul, né d’un père Iroquois, d’une mère Iroquoise, d’un grand-père Iroquois, d’une grand-mère Iroquoise et d’arrières grands-parents
Iroquois. Jean-Paul était l’Indien parmi trop de Cowboys!

Il était enfermé dans les HLM mais surtout dans sa tête! Jean-Paul qu’on pouvait trouver en foetus au coin de la rue avec un p’tit sac de papier brun et une haleine de colle. Lui, les miroirs qu’il avait troqué pour des fourrures avec l’homme blanc, il s’en servait pour faire de la coke. Il était un Indien de son époque! Jean-Paul était tellement heureux, il respirait le bonheur mais surtout le diesel.

Avec toute la colle qui a sniffé, il voulait construire un avion dans sa tête pour voler comme les oiseaux au lieu d’aller voler, à toutes les semaines dans le Zeller du centre d’achat, des tubes de colle pour faire des p’tits avions en plastique.

Jean-Paul s’est suicidé à l’âge de 17 ans avec la vie devant lui en 1988! Ce soir-là, il a joué au bonhomme pendu et il a perdu.

(La petite Francine)
J’sais pas si elle est encore vivante! Si oui, alors j’suis persuadé qu’elle pleure et attend toujours les deux enfants que la DPJ et le gros bon sens lui ont enlevé! Elle marchait des ridicules de km pour aller faire « sa shop » avec son panier à roulettes. La vérité c’est qu’elle avait plein d’amour pour ses enfants mais aucune capacité pour en prendre soin. Une femme déficiente lâchée lousse dans la jungle de la vie avec un utérus capable de produire à la vitesse d’une usine à bonbons.

(Bédine)
Il est le seul joueur de balle que j’ai vu frapper avec ses coudes.

(Robitaille)
J’ai souvenir de la première fois que j’ai vu deux hommes se battre à mains nues. Et
Robitaille était l’un des deux. J’ai vu de mes yeux vu Robitaille, un genre de nerveux comme il s’en fait rarement. Un narfé comme on dit.
Un voleur de buts mais surtout de chars! Le genre qui pouvait vous voler votre montre dans votre poignet avec le sourire.

J’ai vu le grand slaque Robitaille se battre contre un dur, un vrai, un gars qui venait de sortir de Bordeaux. Ici je parle pas de la jolie bourgade située dans le sud-ouest de la France.

Dans la rue ce soir-là, les femmes criaient de peur, les enfants pleuraient de voir leurs mères crier et les hommes eux criaient par besoin de voir du sang. Personne se mêlait
de la bataille, on laissait les deux chiens se manger entre eux! Il y avait certaines lois dans le quartier hors-la-loi. Moi du haut de mes 12 ans je me pense ben « smatte », je
m’approche pour voir le combat et sans m’en apercevoir, je fais partie du rond qui entoure les deux chiens.

J’en parle aujourd’hui et j’en ai encore des frissons de peur juste de l’écrire! Je suis curieux mais en même temps j’ai la chienne. Les deux hommes se sont tapés sur « la yeule » pendant très longtemps dans mon souvenir. Du sang a coulé, des dents ont
tombé, des yeux ont noirci et pour la première fois de ma vie, j’ai vu un homme pleurer.

J’ai entendu un cri de mort venir de sa bouche et de la bouche de sa femme aussi qui pleurait par-dessus lui. Le grand slaque, comme le grand roi du bloc 36 ce soir-là, il est parti le torse bombé. Ce fut d’ailleurs la seule fois dans sa vie qu’il remporta quelque chose! Moi ce soir-là, je suis reparti chez-nous avec un « spot » de pisse dans mes culottes vers le p’tit Canada.

(Loiselle)
« Pas fiable » Loiselle, son surnom dit tout.

(Cuillerier)
Tu voulais pas achaler Cuillerier. Pis ceux qui l’ont cherché, ils l’ont regretté, j’en suis persuadé! Il avait en lui une rage intérieure d’une densité jamais vue. Vous pouvez demander aux Drouin, Poulin, Wilkes et Legault de ce monde.

(Boule)
Il est le premier lanceur de fastball que j’ai vu à l’oeuvre de ma vie. « Boule » lançait comme d’autres jonglent avec des torches de feu! Chaque fois qu’il lançait, le Bronx
arrêtait de vivre, il était la fierté du p’tit monde! Quand il lançait les femmes arrêtaient de rouler leurs cigarettes, les vieux arrêtaient de boire leur quatrième bière du matin, les enfants arrêtaient de pleurer. Même les adolescentes oubliaient qu’elles étaient en « balloune ».

La première fois que je me suis fait frapper par une balle pendant une game dans le Bronx, je me suis dirigé vers le 1er but et « Boule » de me dire: « Hey, icitte quand on se fait frapper par une balle ça compte pas… faque r’tourne au bâton! ».

(Pilon)
L’expression « plein de marde » lui va comme un gant. Un pouilleux aux cheveux longs gras. Un « siphonneux» de gaz tout étoile! Il travaillait pour le gouvernement à temps plein. Il était rentier de son état, B.S. de père en fils. Le gros Pilon connaissait la Charte des droits sur le bout de ses doigts. J’ai souvenir du Gros Pilon qui fait un marteau-pilon à mon oncle direct dans le parking du 36. Je revois sa tête éclater sur l’asphalte, le sang coaguler à mes pieds…

(Bimbo)
5’7 et 400 lbs de haine, ça résume assez bien Bimbo. Le genre qui aimait se battre mais quand son adversaire était de dos! Le seul gars que j’ai vu courir après son ombre. Un homme de 400 lbs qui court comme « Ben Johnson » c’est étonnant.

Dans le Bronx, c’est là que j’ai compris qu’on naît pas tous égaux. C’est là que j’ai compris que le chemin facile n’est pas nécessairement le meilleur! C’est là que j’ai compris que le bonheur est en soi et nulle part ailleurs.

En 1973 dans le bloc 36, est sorti du ventre de la p’tite Madeleine, un p’tit gars comme tant d’autres. Aujourd’hui ce p’tit gars on l’appelle Barbu de ville.

*Je dédie ce texte à mes frères et soeurs d’infortune du Bronx d’Ayersville à Lachute.

Édouard Carpentier

Édouard Carpentier était un homme d’une autre époque. Il a fait partie de la résistance française pendant la deuxième guerre mondiale. Il était de ceux qui ont combattu Hitler et son armée! Il a obtenu la croix de guerre et la croix du combattant! Par la suite, il fut sélectionné par l’équipe olympique française de gymnastique, pour les jeux olympiques de Londres en 1948.
Il est venu lutter au Québec en 1956 avec un contrat de trois mois, mais finalement, il sera resté le reste de sa vie au Québec. Il aimait le Québec et le Québec l’aimait tout autant! Il fut, pendant les années 50, 60 et 70, une méga-vedette.

Même les légendes meurent, même ceux qu’on croyait invincibles! Édouard Carpentier nous a quitté à l’âge vénérable de 84 ans. Il a perdu son dernier combat samedi, le 30 octobre 2010 dans l’après-midi, lui qui détestait la défaite!
Il était le roi de la planchette Japonaise, le prince de la savate, le monarque de la prise en quatre et le sultan du saut de la troisième corde.
Il pouvait vous endormir en 10 secondes avec la prise du sommeil, et faire une pirouette du haut du 3ième câble pour atterrir lourdement sur le ventre de son adversaire! Il fut l’inventeur de la lutte acrobatique! Il fut aussi un animateur hors du commun et intervieweur qui savait mettre la lumière sur ses invités, et tout ça avec classe!

Lettre à M. Carpentier dans le texte
Bonsoir M. Carpentier,
J’ai choisi de mettre une photo de vous à votre meilleur, lorsque vous étiez au sommet de la montagne! je vous ai parlé en personne une fois, c’était au début des années 80. Vous étiez venu chez nous, à Lachute, dans l’ancien aréna (la grange) avec les autres membres des étoiles de la lutte.

J’ai cru votre présence quand je vous ai aperçu le soir des combats! Je vous ai vu lutter, mais seulement à la toute fin de votre carrière de lutteur. Vous étiez au bout du rouleau, mais les vieux de mon coin m’ont souvent relaté vos exploits légendaires, à la limite du mythe. Je vous ai surtout connu comme le grand animateur que vous étiez!

Je suis allé vous voir avec toute ma gêne et ma fragilité. Vous étiez là devant moi, et moi j’étais là devant vous! Aucun mot ne sortait de ma bouche. Vous vous êtes approché et vous avez commencé la conversation comme si j’étais le centre d’attraction!
À la fin de notre conversation, je vous ai demandé de me dire votre fameuse phrase que vous disiez à toutes les fins de l’émission Les étoiles de la lutte! Vous, comme si c’était la première fois qu’on vous faisait cette demande, vous me l’avez dite comme si c’était la première fois de votre vie! Vous avez vu dans mes yeux de p’tit gars toute l’admiration que je vous portais!

Depuis ce samedi soir du 30 octobre 2010, on peut apercevoir
l’étoile du vieux Édouard briller dans le firmament!
Rendu en haut, il a retrouvé ses jambes, celles qui ont fait courir
les foules, et il a demandé tout de suite un combat contre celui qui est champion en haut ! Et je suis persuadé qu’il finira par avoir cette ceinture autour de la taille, car les vraies légendes gagnent partout et pour toujours.

À la semaine prochaine, si Dieu le veut!!!

»Iron » Mike Brault et les autres

»Iron » Mike Brault et les autres

C’était l’époque des poubelles garrochées su’a glace après un mauvais call de l’arbitre. L’époque des chaises garrochées dans les estrades par les « Serge Labelle » de ce monde.
L’époque des oreilles molles quand Roch Isabel des Papetiers de Windsor rentrait dans place. L’époque des puissants Blizzards de St-Gabriel-de-Brandon et dans ses rangs, dans son âme, le valeureux Denis Aspirot! Il y avait avec Thetford Les Mines, le légendaire Nathan Morin qui demeure dans mon livre, le meilleur pound for pound!
Il y avait aussi un gros boeuf de l’Ouest canadien. Certains l’appelait « Le chaînon manquant » car parfois sur la glace, il était entre l’homme et le singe! À San José avec les Sharks on l’avait surnommé le « Missing Link »… le légendaire, de triste mémoire Link Gaetz! Moi je connaissais Gaetz depuis ses années junior dans la WHL. Une fois qu’il enlevait ses mitaines, il avait deux massues au boutte des bras. Alcoolique au dernier degré, mangeur de pinottes et brasseur de marde en tous genres. Il a souvent monté des gâteaux dans sa tête à force de sniffer de la poud’! Un être tourmenté. J’aimerais prendre une bière avec lui en faisant un podcast.
À Saint-Georges de Beauce, il y avait André Falardeau. Un dur de dur. J’ai mémoire de certains de ses combats contre Serge Roberge, des classiques du genre. André Falardeau comme le dernier des Mohicans, il en existe plus des comme lui.
Et pis à Pont-Rouge, il y avait Jessy Grenier, un gros taupin aux mains rapides comme Billy the Kid. Il aurait été terriblement dangereux à la tombée du jour à l’époque du Far West! Comble du ridicule, Jessy n’était pas le king de Pont-Rouge.
À tout seigneur, tout honneur, « Iron » Mike Brault a fait les joies des partisans du senior pendant tellement d’années. La bête à son meilleur déchirait la peau de ses adversaires à coup de gauche, de « drette » et à coup d’uppercut.
Il pouvait vous fendre en deux. « Iron » a dominé le monde des durs à cuire pendant de nombreuses années, c’est comme s’il était increvable. Et un certain soir, dans ce qui était son dernier combat à vie, il s’est fait knocker par un certain Samuel Lévesque. Le dernier des vrais goons était étendu face première sur la glace… comme un baiser de la mort. Il était impossible que « Iron » Mike Brault finisse sa carrière sur une bonne note. Les jointures usées, le maudit temps aura eu raison du plus grand goon de l’histoire du hockey senior québécois.
Anecdote #1: Moi et mon buddy Simon, le meilleur chum que j’ai jamais eu, avons décidé d’amener deux filles à un match de hockey senior entre Pont-Rouge et Les Chiefs de Bob Berger à Sainte-Thérèse. Oui, nous les Roméo plutôt Pérusse que Montaigu, voulions joindre l’utile à l’agréable avec nos dates de la soirée… pour un soir seulement comme on dit!
Une rumeur dans les coulisses disait que Bob Berger avait fait venir des Territoires du Nord-Ouest un Inuit à faire peur! J’ai même entendu dire qu’il se serait battu avec des aurores boréales par chez eux. Il s’appelait Mimo. Il était gros et large mais d’une lenteur à faire paraître la tortue dans la fable de Lafontaine pour une gazelle.
Le match est vieux d’une seconde… Les gants d’ « Iron » Mike Brault sont sur la glace, il a les jointures à l’air libre. Mimo notre proie a lâché ses mitaines aussi mais moins vite! Trois coups de poing sur la margoulette plus tard, notre Eskimo du Grand Nord faisait contraste avec le bleu de la glace. Il était littéralement en sang et ma date de la soirée avec qui il ne s’est rien passé par la suite a tombé dans les pommes à la vue du sang. « Iron » Mike Brault en plus de mettre KO les Premières Nations a mis KO les espoirs d’un one night stand!
Anecdote #2: Je suis avec « Tom Tom » au Colisée de Laval, un match entre les Chiefs de la place et les Dragons de Ville St-Laurent!!! Je parle fort, j’ai les baguettes en l’air et une bière de trop dans la main. Je vais aux toilettes et le gars avec qui je m’étais obstiné me suit aux toilettes avec « Tom Tom » derrière lui.
Je pisse mes bières de la 1re et 2e périodes. Et une fois fini, le gars à côté de moi à l’urinoir me dit et je cite:

Tu parles trop fort et trop toé?

mange d’la marde!
Le gars lève un peu son chandail pour me montrer un morceau qui ressemblait à un .45! J’ai soudainement le goût de pisser encore mais cette fois dans mes culottes. Je me rappelle soudainement que je ne suis pas éternel.

T’as raison man! Je parle trop fort. Tes oreilles sont pas si sensibles que ça tsé…
Il rit, moi aussi et « Tom Tom » rit de la même couleur que moi. Nous rions jaune en duo! J’ai terminé la game dans le silence total et « Tom Tom » aussi. Et j’pense que dans le char au retour, pour être sûr, on a pas parlé non plus.
Anecdote #3: J’ai mémoire de Luc « Gros Bill » Lachapelle . J’ai mémoire de Lachapelle qui arbitre au Forum de Montréal et au Maple Leafs Garden. Il est « scab » de son état pendant que les arbitres de la LNH sont en grève. Il aura arbitré 9 games dans le grand circuit. J’ai mémoire de Lachapelle au Colisée de Laval en plein coeur du House of Pain danser entre deux sifflets sur du Elvis Presley. Il est le meilleur arbitre que j’aurai vu d’ma vie. Gros Bill aimait le spectacle et le spectacle aimait Gros Bill. Aujourd’hui on ne fait que prononcer son nom et le sourire s’accroche automatiquement dans la face de chaque amateur de hockey de la Belle Province! Son nom est devenu folklorique comme lui. Et suite à un long combat contre le cancer, il est décédé en 2015.
Je vous ramène à un événement de triste mémoire qui s’est passé avec certains spectateurs de Thetford Les Mines. Une fin de match qui avait brassé et Lachapelle avait mangé une claque su’a yeule. Le lendemain, il arbitrait chez nous à Lachute. Et la rumeur disait que les gars de Thetford descendaient en ville.
Je m’organise pour avoir le numéro du Gros Bill et je lui dis de pas s’inquiéter, qu’il peut venir arbitrer chez nous sans peur, qu’il aura le respect et la protection nécessaire pour faire sa job. Je lui dis qu’on va l’escorter jusqu’à la chambre des arbitres et qu’à la fin de la game on va l’escorter jusqu’à son auto. Je lui dis aussi que je le fais par respect pour le plus grand arbitre de l’histoire de la LHJMQ. Je lui dis que j’ai une seule demande, qu’il danse sur du Elvis entre deux sifflets… Il rit et accepte.
Il a arbitré son match en paix. Mes vieux chums du Bronx dans la paroisse de Ayersville, Rick et Mike ont géré la patente comme des gentlemans. Et comme le grand arbitre qu’il est Luc Lachapelle n’était pas plus sur notre bord que celui de Thetford pendant la game.

Après la game…
Dans le parking de l’aréna direct su’a rue Hamford, nous nous sommes fait une accolade.
Bon voyage Gros Bill!