Publié dans Anecdote, Baseball, Souvenir, Voyage

Cooperstown, NY

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Ce que j’ai préféré de mon voyage de balle, c’est le chemin pour se rendre dans le magnifique village de Cooperstown!

Quelle bonne idée de mon partenaire de route (Justin) de nous avoir fait passer par les p’tites routes de campagne, au lieu de prendre le « highway »!

Les villages délabrés par le temps, les maisons laissées à l’abandon, un squelette prenant une bière sur une table à pique-nique (d’où l’expression « prendre son temps ») des églises pleines faites en bois, des montagnes à perte de vue, des Hillbillies à perte de vue, des pancartes figées dans le temps. L’Amérique profonde à coups de pick-up Ford et de “tumb” remplis de feu à chaque coin de rue.

Une vraie fin de semaine signée baseball. En montant, le vendredi dans le soir, sur la route 87, nous écoutions le baseball du Boston à travers la radio officielle des Red Sox. Une route parfaitement illuminée dans le noir, avec les commentateurs américains comme « background » à travers les Adirondacks. Avec Dustin Pedroia au deuxième but, la troisième guerre mondiale pourrait éclater maintenant, que moi et « Tall Boy » Corbeil on s’en contrecrisserait sur un ostie d’temps. Retrait 5-3.

Une fois rendus à Latham nous attendait notre motel Super 8! Une autre game de balle à la télé des Yankees qui affrontaient les Rangers du Texas. Au son des bâtons et des Coors Light, nos paupières tombaient au même rythme. Nous avons ronflé doucement jusqu’au lendemain matin. Deux gars et du baseball en toute simplicité, voilà la genèse de notre voyage!

Je dois dire ici que « Tall Boy » Corbeil s’est endormi avant moi. Si jamais vous le rencontrez et qu’il vous dit le contraire, sachez que c’est de la mauvaise foi de sa part, pareil comme les partisans des Bombardiers du Bronx.

Cooperstown

Que dire de la section entièrement réservée au sport du cricket! Pour moi, simple banlieusard vivant en Amérique du Nord, un cricket c’est un insecte! Et pour moi les insectes n’ont qu’une seule fonction, être écrasés. Je conçois que ce sport est un culte au Sri-Lanka et au Pakistan et qu’il a des similitudes avec le baseball, mais de là à en faire une section importante du baseball Hall of Fame, c’est une autre idée à saveur de fausse balle!!

Par contre, la boutique du musée était tout à fait incroyable! Un genre de paradis pour adulte qui veut rester petit. Les tasses, les verres, les lunettes, les drapeaux, les tapis, les à peu près n’importe quoi que vous voulez à l’effigie de votre équipe préférée! Que dire des affiches à faire encadrer? Le magnifique cadre du numéro 4 Lou Gehrig au stade des Yankees annonçant sa retraite, celui de Babe Ruth prédisant le circuit à venir, celui de Willie Mays de dos qui attrape une balle en plein vol en série mondiale… tout simplement à vous couper le souffle. Moi en tous cas, pendant un instant, j’ai arrêté de respirer!

La section des nominés était fantastique! Aller voir tous ces anciens joueurs et leur plaque, c’était assez impressionnant pour l’amateur de balle que je suis! En entrant dans ce lieu mythique, on se sentait comme dans un salon funéraire tellement que le moment était solennel. J’avais le goût de pleurer, mais j’ai retenu mes larmes d’ancien partisan des Expos quand je suis arrivé devant la plaque de Gary Carter. Je me disais que j’aurais l’air un peu crinqué, alors j’ai opté pour la poussière dans les yeux! De voir de mes yeux les plaques de Babe Ruth, Ted Williams, Josh Gibson et tous les autres, c’était comme un rêve qui devenait réalité! Je n’ai pas touché aux plaques, par respect.

Mais notre meilleur moment de la fin de semaine au pays de Doubleday, je n’aurais pu l’inventer! Nous, fans finis des Expos avions l’idée de rentrer avec la casquette de nos amours sur la tête! On voulait rentrer par la grande porte fiers partisans des Expos!

C’est ce qu’on a fait! J’ai enlevé de sur ma tête la casquette des Dodgers de Brooklyn que je venais d’acheter en l’honneur de Jackie Robinson pour mettre solennellement celle portée par Gary Carter avec honneur! Mon chum Justin a fait la même chose. J’ai, en arrière de ma casquette des Expos, inscrit le #8 au crayon feutre pour que je puisse entrer avec mon idole à Cooperstown.

J’ai mis la main sur la poignée de la grande porte et une fois cette grande porte ouverte, en face de nous, dans notre chemin deux partisans des Nationals de Washington, la ville vers laquelle nos Expos sont partis. Hollywood n’aurait pu inventer ce moment, only Baseball.

J’ai regardé les deux gars drette d’in yeux au fond de l’âme! Je me sentais comme une balle qui part de la main de Steve Rogers. Je suis précis et furieux. C’était quoi les chances pour moi et Justin d’entrer à Cooperstown et faire un face à face avec d’ignobles partisans de la ville qui est partie avec notre club.

L’un des gars baisse les yeux, je ne souris pas. Et comme un désir profond, je ne peux m’empêcher de leur dire: « Les expos seront de retour! My team will be back! »

Comme si ce pauvre partisan était responsable du départ de nos amours. Ils ont baissé les yeux en forme de respect, j’imagine.

Nous sommes revenus de Cooperstown sous la neige au beau milieu du mois d’avril. Comme quoi même la neige n’arrête pas de vrais partisans des Expos.


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Publié dans Anecdote, Baseball, Histoire, Souvenir

Thank you Mister McDonald

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Les Américains aiment le baseball comme on aime son père et sa mère! Le baseball est comme un membre de la famille! Un petit Américain apprend souvent à frapper et attraper des balles avant d’écrire! Pour les amoureux de l’histoire, le baseball est une mine d’or. Le baseball est une tradition qui remonte à aussi loin qu’Abraham Lincoln. Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un petit Américain qui apprit le baseball avant l’arithmétique.

Voici l’histoire de mon ancien collègue de travail Ronald « Ron » Nathaniel, le plus québécois des Américains que je connaisse.
Quelque part au New Jersey, en 1954…

Un vieux monsieur et une vieille madame habitent à coté des parents de Ron. Leur rêve était de fonder une famille, mais comme la vie n’a pas de système de justice, ces vieilles personnes n’ont jamais eu d’enfants.

Un jour que Ron est dans sa cour à jouer avec ses p’tits soldats verts en plastique avec les pieds toujours fondus, il voit un drôle de vieux monsieur avec un chandail de baseball des Indians de Cleveland s’avancer vers lui.
Ron, du haut de ses quatre ans, pensait que le monsieur était un joueur de baseball qui avait perdu son chemin, mais en fait, c’était un concierge presqu’à la retraite. Il invitait le p’tit Ron à frapper des balles dans sa cour, avec l’approbation de sa mère bien sûr!

Le vieux monsieur mit un bâton de plastique (waffle) dans les mains de Ron et l’installa face à une plaque imaginaire. Lui, le vieux concierge, sortit de sa poche une balle de baseball en plastique et commença à la lancer à Ron, qui fendait l’air à tout coup. Pendant cette première pratique avec son voisin, Ron ne frappa pas la balle une fois… une heure à « swinguer » dans le vide, ça épuise un p’tit monstre!


Après leur deuxième séance de « swignage » dans le vide, Ron est parti chez eux en pleurant. Comme Ron a une tête dur, il est revenu le lendemain avec l’intention de frapper cette maudite balle l’autre bord de la clôture. Encore une fois, comme un mauvais film de série B, Ron est reparti chez lui avec le bâton sur son épaule et le sentiment qu’il ne frapperait jamais cette balle!

Le vieux bonhomme était du genre patient. Il a attendu toute sa vie après des enfants qu’il n’a jamais eus, et Ron est du genre têtu. Un mix parfait pour un p’tit gars qui n’a pas touché la balle pendant la moitié de l’été 1954…
Pendant une belle journée du début du mois d’août, le genre de journée dont on se souvient toute sa vie, Ron est allé frapper des balles chez son vieux voisin, c’est-à-dire qu’il est allé fendre l’air chez son voisin. Le miracle se produisit. Qui a dit que les miracles n’existaient pas? Bande d’incultes!


Ron se réinstalla près du marbre, comme mille fois auparavant. Il y avait un-je-ne-sais quoi dans l’air de Jersey cet après-midi là! Le vieux lançait la balle une autre fois, encore une fois et le bâton du petit Ronald « Ron » Nathaniel fit par magie contact avec la balle. Le genre de magie dont tu te souviens toute ta vie, le genre de magie que tu racontes les yeux dans l’eau à ton collègue de travail un banal mercredi après-midi, dans un entrepôt de Montréal! Le genre de magie qui donne des frissons 50 ans plus tard, c’est dans mon livre à moi plus fort qu’Houdini!

Pour le reste de l’été, Ron s’est transformé en « SLUGGER ». Il est devenu un furieux partisan de Cleveland et de Bob Feller!  

Aujourd’hui encore, à 60ans!

Chaque fois que Ron foule un terrain de balle pour jouer au softball, balle donnée ou au baseball, quand il dépose un pied sur un terrain de balle pour jouer, il ferme les yeux, fait un signe de croix et remercie son bon vieux voisin du New Jersey en disant…

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Publié dans Anecdote, Voyage

Washington D.C

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Juillet 2015

 
Je roulais tranquillement pendant que ma p’tite famille ronflait paisiblement.
Je n’étais pas seul, j’étais accompagné de Cayouche, enfin sa musique.
 
(Roule, roule, roule dans l’chemin. Roule, roule, roule on est ben…)
 
Si cétait permis, j’aurais bu une p’tite « Alpine » en chemin mais bon je suis de mon temps.
J’ai traversé les Adirondacks sans faire un pipi stop, dans mon cas, ça relève de l’exploit.
Que du bonheur, rouler à travers mon Amérique à vitesse grand V.
 
Avant qu’un membre de ma p’tite famille n’ouvre un oeil, j’ai eu le temps de passer devant Lake George et son Adirondack Pub, Saratoga Springs et ses courses de chevaux, Albany et son club de la ligue américaine, Wildwood et son magnifique boardwalk. Même qu’aux abords de la New Jersey Turnpike j’avais l’impression de sentir l’eau salée et le trop plein de crème à bronzer de la Ocean Boulevard.
 
Quand ma charmante blonde s‘est réveillée, j’ai décidé de bifurquer vers Jersey City pour une pause cafépipiétirement.
Mon GPS de marde m’a lâché pour une première fois à Jersey City. Il est bipolaire, j’en suis convaincu.
Mais bon, rien ne va m’empêcher de boire un bon café trop cher de chez Starbucks. Je ne sais pas pourquoi,c’est un phénomène inexpliqué, mais à chaque fois que je me retrouve dans un Starbucks, je mets de la cannelle dans mon verre? Pourquoi?
 
Je rembarque sur l’autoroute avec Karine, les p’tits qui ronflent doucement et la musique de Stephen Faulkner
 
(Si j’avais un char, ça changerait ma vie. J‘irais me promener su l’bord d’la Gaspésie…)
 
J’ai 18 heures de route à faire mais la vérité je pourrais en faire le triple sans me tanner. La route c’est comme la maison. Je suis ultra zen, feng shui à la limite de rendre nerveux le maître Bouddha. Je découvre à travers ce voyage que j’aurais pu pratiquer le métier de trucker. Comme on dit, ma vie n’est pas encore finie, j’ai seulement 43 ans
 
En route vers Myrtle Beach (South Carolina). « Ma » GPS ne veut rien savoir. Elle me laisse tomber en Pennsylvanie, plus précisément en entrant à Philadelphie. 
Je garde le focus sur l’autoroute 95.
 
J’ai chemin faisant frôlé l’état du Delaware. Je voudrais vous en écrire plus mais c’est pas mal ça.
Je pourrais rajouter que ma fille Mathilde s’est réveillée dans le fameux Delaware. Voilà, nous avons fait le tour du Delaware.

 
Arrivés en plein coeur du trafic du matin à Baltimore dans l’état du Maryland c’est magique, c’est surprenant… l’autoroute est immense, elle s’ouvre comme la caverne d’Ali Baba. J‘avais la bouche grande ouverte. J’avais l’impression d’être au coeur de l’Amérique.  Je disais aux enfants de regarder partout. Dans un prochain voyage, j’aimerais voir Baltimore en profondeur. Son magnifique parc de balle le Camden Yards qui a été bâti sur le dos d’une immense usine en brique, son port, sa gastronomie presque inconnue, son centre-ville, l‘un des plus beaux des États-Unis. 
Je vais revenir au pays de Cal Ripken. Et la musique de Willie Lamothe résonne dans notre char…
 
(Mille après mille je suis triste, puis mille après mille je m’ennuie…)
 
Je vois apparaître une immense pancarte devant moielle indique Route 195!
Tiens que je me dis dans ma tête de Sherlock Holmes, la 95 change pour la 195! Ah ben!
Moi, Watson, Mathilde et Théo qui ses réveillé en plein coeur de Baltimore après 11 heures de sommeil, oui, oui, 11heures sur 18 heures de routeBonne moyenne comme on dit!
 
FAIL! Et REFAIL! La fameuse 195 se rend à Washington et non ce n’est pas la continuité de la 95. J’ai compris que j’étais perdu et que ma GPS n’était d’aucune aide. Conne que je me dis, une fois le voyage terminé, je la jette au poubelle et je fais une danse de joie autour d’elle.
Je suis un peu intense mais c’est pas moi qui a commencé c’est elle.
J’ai une relation d’amour-haine avec ma GPS, la petite Garmin.
 
Ma blonde de me dire: Es-tu perdu?
 
Moi de mentir: Ben non.
 
Et en disant ça, à environ 4 rues, je vois le toit de la Maison-Blanche. Ouioui, celle de Lincoln, Nixon, Franklin, Reagan, Bush père et fils, Clinton, Obama. Rien de moins.
 
Ma blonde de dire: On est où là?
 
Moi: Washington
 
Ma blonde: Comment ça tu sais ça toi, le génie?
Ça te prend un GPS pour te rendre à Montréal.
 
Moi: Regarde bien en face de toi.
 
Et la Maison-Blanche nous saute dans face littéralement.
J’ai dans la tête une toune des Beatles, parce que oui, même perdu, je pense à 1001 choses à la fois, c’est pour ça que je suis lunatique, c’est pour ça qu’il ne faudrait pas me laisser seul avec le  bouton rouge de la bombe nucléaire. Un soir, je finirais par me dire j’pèses-tu sur le piton ou pas? Je me souviendrais pu quoi faire. Et moi dans le doute, je m’abstiens pas, c’est une de mes marques de commerce.
 
(Baby you can drive my car, yes i’m gonna be a starBaby you can drive my car…)
 
Au lieu de paniquer, Karine rit de moi et de bon coeur. Je ris avec elle de bon coeur de la voir rire de moi. Je donne un bon show, je donne une très bonne prestation. Je mériterais une ovation debout. Nous sommes les BeauséjourBlair le bon vieux classique du tourisme. Une auto rouge avec une plaque du Québec et un burger sur le toit de ladite auto, nous étions le nec plus ultra du touriste perdu.
 
Roulement de tambour… Je suis en face de la Maison-Blanche , contraire au trafic, dans un sens unique du mauvais bord. Je répète… Je suis en face de la Maison-Blanche , contraire au trafic, dans un sens unique du mauvais bord.
 
Ma blonde: Tu fais quoi là?
 
Moi: Bah, j’viens dire bonjour à mon chum Barach.
 
Ma blonde éclate de rire et moi aussi!
 
Entretemps, je dis aux enfants de bien regarder partout, nous allons faire une visite éclair et historique de WashingtonOk gang on cligne pas des yeux
 
Je leur montre le  Lincoln Memorial et dis aux enfants que c’est ici que Martin Luther King a dit son fameux « I have a dream ». Ils ont vu aussi Abraham Lincoln Statue, U.S. Capitol, U.S. Botanic Garden, etc. 
 
Je réussis à me sortir de mon labyrinthe de peine et de misère mais je suis toujours perdu.
Je bifurque vers une petite ruelleje m’arrête pour demander le chemin. Devant moi un gros black (avec camisole blanche) devant son auto qui a deux crevaisons.
 
Moi: Hey Bro! Wassup? (Hey mon frère! Qu’ossé que tu fais?)
 
The black man: Yo!
 
Moi: Do you know where i can take the higway 95(Pouvez-vous me dire comment je peux reprendre la route 95?)
 
The black man: No problem, Bro! Turn right and right. (Pas de problème mon frère! Tourne à droite et encore à droite)
 
Moi: Need some help with your tire? (Vous avez besoin d’aide pour vos pneus?)
 
The black manNo, but if you can spare a dime! (Non mais as-tu du change pour moi?)
 
Je donne 5$ à mon bon samaritain et j’écoute son conseil. Je tourne à droite et je retourne encore à droite. Je vois apparaître devant moi la grosse pancarte de la highway 95! Je respire. J’ai retrouvé mon chemin vers la Caroline du sud et ma GPS me dit de continuer tout droit pour 325km. Elle est de retour aussi.
 
Je suis Jacques Cartier mais en mieux. L’Amérique m’appartient. Direction Myrtle Beach.
On reprend la routemoi, ma blonde, Mathilde, Théo et ma GPS sous le son de Tom Cochrane.
 
(Life is a highway, I want to ride it all night long. If you’re going my way, I want to drive it all night long…)

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